Vrai-faux : la crise, c’est la faute à l’Euro

Ces réponses à des idées reçues et trop simples sur l’Europe ont été construites par Benjamin Joyeux, Coordinateur de la délégation des députés Verts/ALE français au Parlement européen.

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Dix-sept pays européens partagent aujourd’hui l’euro.

Lorsque l’économie va bien, l’euro est un excellent instrument paré de toutes les vertus, mais lorsque l’économie est en récession, on le pare de toutes les tares.

Or le problème principal réside dans le fait d’une trop grande disparité entre les différentes économies des Etats-membres de la zone euro. En effet, un taux de change unique n’est possible que si les situations économiques des membres de la zone euro sont identiques.

Tant qu’il y a trop de différences, il est impossible de faire fonctionner la planche à billets en cas de ralentissement de l’activité économique. Sans levier monétaire pour améliorer leur compétitivité, les Etats de la zone euro se retrouvent dans l’obligation de procéder à des dévaluations sociales, et cela ne fait que restreindre le pouvoir d’achat et aggraver les inégalités.

On peut donc sans doute considérer que l’euro a une part de responsabilité dans la crise actuelle qui frappe l’Union européenne. Devrait-on néanmoins sortir de l’euro ?

Sortir de l’euro provoquerait sans aucun doute une dévaluation immédiate du franc, ce qui renchérirait le prix de tous les biens importés alors que ceux-ci représentent aujourd’hui plus du tiers du produit intérieur brut (PIB). Cela s’accompagnerait d’un effondrement de la consommation et d’un appauvrissement généralisé. Les licenciements et le chômage exploseraient alors et le retour aux monnaies nationales dévaloriserait considérablement l’épargne, pénalisant alors les investissements et entraînant encore davantage de fermetures d’entreprises.

Bref, sortir de l’Euro serait entrer dans une zone de turbulences et une spirale de récession insupportables.

Mais si quitter l’euro est une voie dangereuse, y rester de la sorte est tout aussi périlleux : l’euro souffre d’un déficit de gouvernance économique collective.

L’euro souffre en fait d’un déficit d’Europe, d’une Europe politique qui saurait enfin franchir les étapes de l’intégration fiscale, budgétaire et sociale. La crise n’a fait que révéler ce déficit.

Il est donc urgent de relancer ce processus politique d’intégration européenne plus poussée sur des bases coopératives et de solidarité, avant que les populistes de tout crin aient gain de cause en nous faisant sortir de l’euro, ce qui conduirait soyons en sûr à l’éclatement de l’Europe.

Le problème n’est donc pas l’euro, qui n’est qu’un instrument, mais le manque de volonté politique concernant les modalités de sa gouvernance.

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