Monsieur Copé, et l’UMP, arrêtez de nous prendre pour des gogos…

Monsieur Copé, et l’UMP, arrêtez de nous prendre pour des gogos…

Après la diffusion par Le Point d’un article accablant pour la gestion de l’UMP par Jean-François Copé, ce dimanche, le patron du premier parti de droite semblait vouloir créer l’évènement : rendez-vous lundi dès 11h pour une déclaration solennelle. Il n’en était pas dit plus, le teasing se mettait en marche.

Les rédactions l’attendaient, les politiques de tous bords observaient : qui dit « solennelle » sous-entend importance extrême de la déclaration.

11h, c’est parti… Enfin, non, pas tout à fait, problème technique à l’UMP, la conférence de presse est reportée à 11h45. Bon, quand rien ne marche, tout va mal.

Mais en fait c’est à 11h32 que le grand show commence.

Après une diatribe paranoïaque sur le thème du « je suis victime d’un complot ». Arrive le temps des propositions de Copé (enfin, nous attendons une opposition constructive depuis trop longtemps !) que nous allons ainsi énumérer :

La mise à « disposition de l’intégralité de la comptabilité » de l’UMP

Mais Monsieur Copé, c’est déjà fait, ne vous tracassez pas. Un organisme public a mission de contrôler cela : la Commission Nationale des Comptes de Campagne et de Financement Public (CNCCFP) dont on peut trouver en suivant ce lien, les attributions et les compétences : http://www.cnccfp.fr/index.php?art=685.

D’ailleurs, les comptes, le patrimoine sont consultables ici, comme la loi l’oblige à chaque parti politique : http://www.data.gouv.fr/fr/dataset/comptes-des-partis-et-groupements-politiques.

Une proposition de loi exigeant la transparence financière de tous les partis depuis 2007

Déjà, pourquoi seulement depuis 2007 ? Nous serions très intéressés de réviser les comptes de Messieurs Balladur et Chirac en leur temps…

Malgré toutes les déclarations de Monsieur Copé, la main sur le coeur, l’auréole accrochée au dessus de la tête, il est un point qu’il va avoir du mal à nous expliquer. Pourquoi proposer une telle loi lorsqu’on a tout fait pour les rejeter en leurs temps ? Ainsi en décembre 2011, l’Assemblée nationale avait rejeté deux propositions de loi présentées par François de Rugy (Europe Ecologie-Les Verts) sur la transparence de la vie publique et la prévention des conflits d’intérêts. L’UMP, dont Monsieur Copé, a voté contre.

Je souhaite personnellement que nous, écologistes, soutenions ce projet de loi, évidemment amendée afin de ne pas tomber dans la tartuferie cosmétique, ainsi, il ne sera pas fait exception de ces micros-partis, véritables maillons d’une chaîne de financements limites des grands partis politiques.

Tous les organes de presse, qui bénéficient d’une fréquence publique pour émettre, ou touchent des subsides publics doivent être soumis à la même règle

Mais nous disons chiche ! Le Figaro en tête. Et effectivement, nous pourrons alors sourire de ces journaux qui titrent sur les assistés alors qu’ils sont eux-mêmes aidés.

Il est évident que cela n’aura échappé à personne : Jean-François Copé cède, une fois de plus, à la loi du Talion : tu m’embêtes, je me venge. Le Point est ciblé, mais pour ne pas que cela se voit de trop, on élargit à toute la presse. Non, mais on n’a vu.

Au final, ce teasing de dimanche soir pour accoucher à un numéro de rien sur fond de néant était bien inutile, si ce n’est de faire diversion. En attendant, on peut réviser les coûts des meetings de la campagne présidentielle de 2012 pour l’UMP, en s’intéressant à un des moins chers (Ormes, Loiret, 67 000€), qui, selon des témoignages dans cet article de Mag’Centre, reste encore trop cher pour la prestation proposée.

Mais au fait, avant de proposer des lois sur la moralisation de la vie politique, pourquoi ne pas respecter celles existante ? Comme celle sur la parité lors d’élection dont le non respect a valu une forte amende de 1,2 millions d’Euros à l’UMP.

En complément, lisez cette analyse de Pierre Januel : http://blogs.lexpress.fr/cuisines-assemblee/2014/03/03/les-propositions-de-loi-de-jeaen-francois-cope/