Mon train, ma vie, leur oeuvre

Mon train, ma vie, leur oeuvre

Ce matin, mon train a vingt minutes de retard au départ : nous n’avons pas de locomotive. Anecdote pensez-vous ? Pas tant que ça… Il s’agit là d’un quotidien vécu par un grand nombre de personnes, et pas qu’au départ d’Orléans, c’est leur vie : ils vont travailler.

Remontons en arrière : un cadencement avait été mis en place en décembre 2011 et inquiétait déjà les usagers et le Conseil économique, social et environnemental de la région Centre en son époque.

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Foi de cadencier, UMP, pourquoi venir me draguer ?

Foi de cadencier, UMP, pourquoi venir me draguer ?

Depuis deux matins, l’équipe du député-maire d’Orléans investit la gare d’Orléans afin de venir draguer ce qu’on appelle familièrement les cadenciers, ces personnes qui, habitant la proche région d’Orléans, prennent chaque matin le train pour rejoindre leur travail en région parisienne.

Cette opération séduction, toute naturelle en période de campagne électorale pour les municipales, a le don de quelque peu me laisser un goût amer.

En effet, nous, cadenciers, avons du supporter, et supportons toujours, un plan de réorganisation de la SNCF conduit et défendu par la précédente majorité présidentielle dans un but de rentabilisation.

Les collectifs AUTTOP-Centre et Gares Val de Loire se sont battus qui pour conserver les dessertes des “petites” gares (Saint Ay, Beaugency, etc.), qui contre la diminution des dessertes d’Orléans et la suppression de la navette Les Aubrais-Orléans remplacée par le tramway dont la fréquence est exécrable en fin de journée, heure tardive où souvent rentre un cadre cadencier. 

Certaines revendications ont pu être satisfaites, mais le service dit public s’est vu se dégrader non seulement par une réorganisation qui se grippe à la moindre avarie, mais également par un non-entretien du matériel et des voies qui a abouti au traumatisant accident de Brétigny.

Depuis 2008, l’Etat récupère des billes en tant qu’actionnaire par un versement de dividendes ainsi :

  • Exercice 2007 : 131 millions d’euros,
  • Exercice 2008 : 183 millions d’euros,
  • Exercice 2009, rien n’a été versé car l’entreprise avait fait des pertes,
  • 69 millions pour 2010,
  • 199 millions pour 2011.

Au total, les dividendes versés par la SNCF s’élèvent donc à quelque 790 millions d’euros.

Des millions d’Euros qui ont manqué pour la rénovation du réseau, du matériel, des choix budgétaires dont les victimes ont été le service public et l’usager.

Mais si l’agglomération et la ville d’Orléans avait également su répondre à l’arrivée, nous n’aurions pas eu une amplification de cette dégradation. En effet, même si nous pouvons noter des améliorations qui au bilan paraissent pour cosmétiques, la gestion des transports alternatifs à la voiture n’est pas le fort de la droite : prenons l’exemple des Vélo+ qui ne sont en rien complémentaires au bus ou tram puisque leur implantation suit les lignes plutôt que d’en devenir un appui.

Alors venir ainsi me draguer au petit matin en me tendant le tract de l’ancienne majorité en partie responsable de mes galères quotidiennes, un tract qui vante l’arrivée d’un hypothétique TGV au coût exorbitant, donc à l’investissement plutôt compromis, un TGV qui fait disparaître les petites gares, supprime les lignes régulières et fait augmenter les tarifs, venir ainsi me voir m’agace quelque peu. Et surtout, je ne vote pas à Orléans, mais dans l’agglomération. Et je devrai supporter les choix non concertés de la grande ville, et non celle d’un programme d’agglo.