Allez François : même pas cap !

Allez François : même pas cap !

Vous aimez John Le Carré mais vous vous méfiez de la théorie du complot ? Pour vous James Bond est essentiellement de la fiction irréaliste ? Et bien, vous n’avez pas vraiment raison…

PRISM-operation

Avec PRISM, les états-uniens sont plus forts que la fiction, et l’Europe en sera pour l’affliction.

Vous ne savez pas ce qu’est Prism ? Asseyez-vous, et lisons ensemble la définition de Wikipedia :

PRISM, officiellement US-984XN, est un programme de surveillance électronique américain de collecte de renseignements à partir d’Internet et d’autres fournisseurs de services électroniques. Ce programme classé, relevant de la National Security Agency (NSA), prévoit le ciblage de personnes vivant hors des États-Unis. PRISM est supervisé par la United States Foreign Intelligence Surveillance Court (en) (FISC) conformément au Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA).

Edward Snowden, ex-consultant de la NSA, a dénoncé ce programme ; les périodiques The Guardian et The Washington Post ont signalé son existence le 6 juin 2013.

Et puis, ce week-end, Der Spiegel révèle, grâce à des documents de Snowden, que « Prism aurait aussi visé des représentations de l’Union européenne à Washington et à l’ONU, voire à Bruxelles même ! ».

Aussitôt, l’Eurodéputé Daniel Cohn Bendit a appelé à une rupture immédiate des négociations sur le traité de libre-échange transatlantique, tant qu’un accord n’a pas été signé avec les États-Unis sur la protection des données.

Montées de boucliers, cris d’orfraies, indignations, ce lundi toute l’Europe fait sa vierge effarouchée… François Hollande va même jusqu’à déclarer, en visite ce lundi à Lorient : «Nous ne pouvons pas accepter ce type de comportement entre partenaires et alliés», «Nous demandons que cela cesse immédiatement».

Alors EELV, parti de gouvernement, n’est-ce pas (..), dit chiche François :

La France doit accorder sans délai l’asile politique  au lanceur d’alerte et défenseur de la liberté, Edward Snowden, qui a dévoilé un système de surveillance généralisé des données personnelles de l’ensemble de la planète par les Etats-Unis.

Europe Écologie les Verts et l’ensemble de ses parlementaires français et européen, demandent solennellement au Président de la République et au gouvernement d’accorder l’asile politique à un homme, qui non seulement a eu le courage de révéler l’existence d’une surveillance illicite, mais a permis d’en connaître l’ampleur qui s’étendait jusqu’aux bureaux de l’Union Européenne aux Nations Unies et à Bruxelles.

Cet asile politique aurait un double fondement :

  • d’une part, il permettrait de rappeler que la France entend protéger tous les lanceurs d’alerte quelque soit leur nationalité, dès lors q’ils constituent une sauvegarde indispensable de la démocratie
  • d’autre part, rappeler qu’au moment où l’UE s’apprête à négocier un accord transatlantique, avec les USA, la France  refuse clairement le diktat américain sur la protection des données et les violations manifestes des libertés publiques fondamentales au nom de sa lutte contre le risque terroriste

Pascal Durand, Secrétaire national
Jean-Philippe MAGNEN, Elise LOWY, Porte-parole

Par ailleurs, les Jeunes Écologistes citent la constitution de 1958, qui rappelle celle de 1946 :

« Tout homme persécuté pour son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République »