Tricastin : François Hollande à coté de la plaque, mais il n’est pas le seul

Tricastin : François Hollande à coté de la plaque, mais il n’est pas le seul

Suite à l’action de Greenpeace à la centrale du Tricastin, la réponse des politiques ne s’est pas faite attendre.

Action Greenpeace à Tricastin - Photo Greenpeace France
Action Greenpeace à Tricastin – Photo Greenpeace France

Évacuons la droite et son ADN nucléocrate, leur posture n’a pas vraiment d’intérêt, tellement elle est entendue. Quoiqu’on peut souligner que des fissures se créent (comme au Tricastin) dans la pensée unique et dogmatique pro-nucléaire. Ainsi, le député UMP, Jérôme Chartier a estimé sur RMC que cette intrusion pouvait « servir à quelque chose »Il relève « des situations d’insécurité », tout en condamnant la méthode excessive et la « provocation » des militants de Greenpeace (fallait bien quand même faire un petit tacle aux « dangereux » activistes).

La réaction du Parti communiste par la voix de Pierre Laurent, son secrétaire national et président des sénateurs PCF, fut assez choquante : « C’est un non-événement, ils l’ont déjà fait plusieurs fois. Les militants de Greenpeace sont opposés au nucléaire, on le sait. » L’activisme n’est plus soutenu par le PCF, a priori… Et oui, ils l’ont fait plusieurs fois, car il faut le faire plusieurs fois pour faire réagir les politiques démissionnaires sur le sujet, et éduquer les citoyens sur les dangers du nucléaire. Et Pierre Laurent d’ajouter : « ce qui serait intéressant, c’est qu’on déploie, en y invitant tous les citoyens […], un grand débat sur l’avenir de l’énergie en France. » On le sait : les centrales sont vieilles, leur durée de vie est reportée au mépris des divers incidents ou accidents survenus. Ce débat proposé par le PCF est un leurre : il s’agit simplement de gagner du temps, car en son sein, même si le doute progresse, une frange pro-nucléaire est toujours toute puissante.

Ainsi, lors d’un tractage sur le marché d’Orléans-La Source samedi dernier, je fus interpellé ardemment, alors que je venais les saluer, par des militants communistes sur la hausse des tarifs de l’électricité. Le peuple ne peut supporter ça ! Un écologiste ne peut accepter ça ! Bah non, camarade, je ne peux l’accepter, surtout quand on essaye de dissimuler qu’un des facteurs de la hausse du tarif est l’entretien du matériel vieillissant et dangereux. « Mais le nucléaire, il en faut ! » m’a alors répondu un militant. « Révisez le dossier » fut ma réponse.

Mais le summum de la réponse alambiquée fut celle de François Hollande : « La France est très attachée à la sécurité nucléaire et l’Autorité de sûreté nucléaire y veille, c’est sa mission » […] « Elle a donné d’ailleurs toute garantie pour nous assurer que cette sécurité nucléaire est absolument respectée ».

Il est inquiétant de constater qu’on entre dans une centrale comme dans un moulin comme le souligne Isabelle Philippe, chargée de communication de Greenpeace : « Les militants sont rentrés le plus simplement du monde, ils n’ont mis que vingt minutes pour aller de l’entrée de l’enceinte en haut des structure s».

Il est également inquiétant de voir un Président affirmer le contraire même après l’évidence.

Il est enfin inquiétant que la seule réponse soit « des sanctions pénales plus lourdes » pour les auteurs telles que l’a évoqué Manuel Valls, ministre de l’Intérieur. Ainsi, le ministère envisage la création de nouveaux chefs d’inculpations pour ce genre d’action. Est-il quelqu’un en France capable d’envisager que cela arrêtera toute intrusion terroriste ? Tu t’es fait exploser à l’intérieur de la centrale, mais tu auras une amende, vilain terroriste. Plutôt que de résoudre la maladie, on préfère masquer les symptômes. C’est évidemment irresponsable.

En août 2012, la sécurité des réacteurs de Tricastin avait été mise en cause par l’Agence fédérale de contrôle nucléaire belge (AFCN) qui avait évoqué des fissures « dangereuses » dans la Drôme, pour relativiser des problèmes survenus alors sur un site nucléaire belge. L’ASN avait indiqué à cette occasion que sur 37 « défauts sous revêtement » effectivement détectés dans le parc français, 20 étaient situés sur la cuve du réacteur numéro 1 du Tricastin.

Le Tricastin a été mis en service en 1980.

La sortie du nucléaire est un des éléments de la transition énergétique. Comme le rappelle Greenpeace, si François Hollande veut réduire de 75% à 50% la production d’énergie d’origine nucléaire d’ici 2020, ce n’est pas une centrale qu’il faut fermer mais 20.

Comme le rappelait François De Rugy, co-Président du groupe EELV à l’Assemblée nationale, sur France 3 : « Greenpeace, ce ne sont ni des plaisantins, ni des terroristes mais des lanceurs d’alerte ».

Les photos, la vidéos, le temps réel de l’action de Greenpeace sont accessibles ici : http://energie-climat.greenpeace.fr/action-a-la-centrale-de-tricastin-liveblog