Entrons en dissidence, sortie du livre de Yannick Jadot euro-député EELV

Entrons en dissidence, sortie du livre de Yannick Jadot euro-député EELV

La crise entamée en 2008 a signé la fin d’un monde. Et c’est tant mieux.

Effrayée à l’idée de disparaître avec ce vieux monde, l’oligarchie politique et économique fait de l’existant le refuge de sa pensée. L’immobilisme et le renoncement sont érigés en vertus politiques.

Finalement, le « système » décide pour nous, et laisse chaque individu désemparé
face à un avenir qui lui échappe. Entre le statu quo et la montée des extrêmes, le pire est à craindre. Mais une autre réalité se développe, et contribue à l’avènement d’un nouveau rapport de force démocratique. Partout des initiatives bourgeonnent, à la reconquête d’une souveraineté populaire oubliée au détour du virage néolibéral.

Fondée sur les notions de réseaux et de partage, articulant solidarité et écologie, cette nouvelle société refuse l’illusion du repli et redonne
espoir.
Le projet est immense : dépasser les conservatismes, faire sauter les digues qui empêchent cette révolution silencieuse d’irriguer la société, enrichir la démocratie partout ou elle peut être efficace, partout ou elle permet de retrouver la maîtrise de nos vies. Notre nouvelle frontière démocratique, c’est que dès demain une Europe dissidente prenne le pouvoir.

Le petit mot de Yannick Jadot :

Cher-e-s Ami-e-s,

J’ai le plaisir de vous faire part de la sortie de mon livre « Entrons en dissidence », publié chez Plon et disponible depuis le 23 janvier. Dans ce livre, je tente de mettre en évidence les facteurs de blocage de notre société et de notre économie. Pourquoi n’arrive-t-on pas à intégrer les enjeux écologiques dans notre modèle de développement ? Veut-on encore d’une industrie en France et en Europe ? Pourquoi les PME sont-elles sacrifiées ? La mondialisation est-elle le mal ultime de notre pays ? Sommes-nous impuissants face au défi chinois ? Le scénario noir pour l’Europe est-il engagé ? En un mot, sommes-nous condamnés au déclin et à la défaite ? La réponse est évidemment non.  

Sur le climat, dans l’industrie, l’énergie ou l’agriculture, en ville et à la campagne, je cite de nombreux exemples qui démontrent qu’il existe des solutions porteuses de sens et de bien-être collectif. Leur point commun est de réinventer la démocratie là où elle est efficace, là où elle permet d’agir, là où chacune et chacun peuvent l’exercer. Elles ont aussi en commun de rompre avec le jacobinisme, le colbertisme et le nationalisme qui paralysent totalement notre pays. Démocratie environnementale, démocratie économique et sociale, démocratie locale et européenne : le projet est extraordinaire. Il est exaltant car il nous renvoie, individuellement et collectivement, à deux magnifiques principes de l’écologie : l’autonomie et la responsabilité.N’hésitez pas à me faire part de vos réactions, critiques ou questions. J’y répondrai avec plaisir.

Amitiés

Yannick Jadot

Pas de loi Famille sans Procréation Médicalement Assistée

Pas de loi Famille sans Procréation Médicalement Assistée

Rassemblement ce lundi 6 janvier, 19h pour le droit à la PMA – En face du 11 rue de Constantine, Paris, 7e .

Vendredi 3 janvier, Dominique Bertinotti, ministre de la Famille, a confirmé que l’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) aux couples de lesbiennes ne serait pas incluse dans la loi Famille. Or si la reconnaissance de l’existence de l’homoparentalité dans la loi sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe était un premier pas, l’accès de toutes les femmes à la PMA est une condition indispensable à l’égalité des droits. Europe Ecologie – Les Verts dénonce ce recul du gouvernement dans ce combat et rappelle leurs promesses à François Hollande, son gouvernement et au Parti Socialiste.

En effet, lors de la campagne présidentielle, François Hollande avait dit à SOS Homophobie : « Je suis donc favorable à l’ouverture de l’assistance médicale à la procréation aux couples de femmes». Pourtant, la PMA n’était pas dans la loi sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe et le groupe socialiste, qui pourtant s’y était engagé par la voix de son président Bruno Le Roux, a renoncé à l’y inclure par amendements. En février, Dominique Bertinotti affirmait que cette question serait traitée dans la loi famille car « c’est un engagement fort du gouvernement qui a une position claire sur ce sujet » et Bruno Le Roux affirmait : « Si la loi sur la famille devait arriver demain sans qu’il y ait ce texte sur la PMA à l’intérieur, à ce moment-là, le groupe prendrait ses responsabilités pour faire en sorte que la chose puisse être discutée ici. »

Outre que les couples de femmes, et les femmes célibataires, se rendent à l’étranger pour y avoir accès – ce qui induit une inégalité entre les femmes qui ont les moyens et celles qui ne les ont pas – le recours à la PMA « artisanale » pose, de son côté, de nombreuses questions sanitaires.

Les écologistes ont toujours défendu l’égalité des droits et les parlementaires EELV assumeront leurs engagements en étant à l’initiative d’amendements à la loi famille afin que la PMA y soit incluse. EELV invite l’ensemble des parlementaires, quelle que soit leur appartenance politique, à soutenir tout amendement allant dans le sens de l’égalité.

EELV appelle à se mobiliser pour le droit à la PMA  lundi 6 janvier 2014 à 19h, 11 rue de Constantine, Paris 7e, métro Invalides.

Sandrine ROUSSEAU, Julien BAYOU, Porte-parole

Article paru initialement sur le site d’EELV

Le vrai visage du dogmatisme : l’UMP

Le vrai visage du dogmatisme : l’UMP

Ce mercredi soir, tempête dans le monde du numérique, la Quadrature du Net hurle au loup : dernier jour pour saisir le Conseil constitutionnel contre la Loi de Programmation Militaire à l’intérieur de laquelle se trouve le fameux Art. 13 : un article très intrusif dans la vie privée des citoyens (en mode NSA mais plus cheap).

Mais tout à coup, bourrasque en pleine tempête : le compte Twitter de la Quadrature envoie le message qui assassine les écolos :

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Le travail de la Quadrature est sur un Framapad, consultable en cliquant ici, et oui, on y voit bien qu’aucun-nes des député-es écolos n’apportent son soutien.

Voilà qui m’a semblé bien bien embêtant, moi qui était heureux de clamer à la Terre entière que nos député-es EELV s’étaient déclaré-es disponibles pour une éventuelle saisine du Conseil constitutionnel comme en témoignait ce communiqué de presse du 11 décembre dernier, consultable ici.

C’est alors qu’un démenti tomba par le Tweeter d’Isabelle Attard (oui oui elle est toujours apparentée écolo…) :

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Quand c’est signé IA, c’est Isabelle Attard elle même qui tweete

Démenti, confirmé par la suite par la Quadrature :

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Nous en sommes bien là : les écolos, mais également les député-es FDG, ont vu leur proposition de collaboration pour porter cette saisine purement et simplement refusée par l’UMP et l’UDI pour la simple raison qu’ils ne sont pas de droite. Vos droits, votre vie privée et votre quiétude ont une limite : le dogmatisme politicard.

Ce qui vaudra d’ailleurs une petite raillerie à Valérie Pécresse par Frédéric Couchet, le fondateur de l’APRIL, alors que celle-ci faisait sa geignarde combattante sur le réseau à l’oiseau bleu :

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C’est alors que je questionnais François de Rugy, le co-Président du groupe parlementaire écolo à l’Assemblée nationale, sa réponse sera notre conclusion, en guise de mise en garde de l’UMP : il faudra vous expliquer mesdames et messieurs.

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Résultat du Congrès EELV : nous avons le choix

Résultat du Congrès EELV : nous avons le choix

Au lendemain du Congrès 2013 d’Europe Ecologie – Les Verts, les résultats sur le choix des motions d’orientation sont connus.

MOTION 1 – Pour un cap écologiste + Via Ecologica : 55,35 %

MOTION 2 – Là où vit l’écologie (LOVE) : 8,12 %

MOTION 3 : La Motion Participative (LMP) + Avenir Ecolo + Objectif Terre : 36,53 %

En prenant en compte le vote blanc, qui est une expression électorale, nous avons ce résultat :

Nb Voix %
CAP VIA 300 51,11%
LMP AE OT 198 33,73%
LOVE 44 7,50%
Blancs 45 7,67%
Exprimés 587 100,00%
Votant 600

Emmanuelle Cosse est donc élue Secrétaire nationale.

Une nouvelle direction se met en place, en voici la liste :

  1. Emmanuelle Cosse
  2. David Cormand
  3. Marie-Pierre Bresson
  4. Eric Loiselet
  5. Sandrine Rousseau
  6. Jean Desessard
  7. Maryse Oudjaoudi
  8. Nicolas Dubourg
  9. Marie Bové
  10. Dan Lert
  11. Lucile Schmid
  12. Alexandre Jurado
  13. Elise Lowy
  14. Jacques Boutault
  15. Julien Bayou

La nouvelle direction

Enfin, un nouveau Conseil fédéral, et son bureau, ont été désignés. J’en profite pour saluer l’élection de Thierry Brochot au poste de Président du Conseil fédéral, picard, homme sage, sympathique qui saura dignement, je le pense, succéder à Philippe Meirieu. Homme de terrain, ancien trésorier puis Secrétaire régional, je salue l’arrivée de l’esprit « confédération des régions » à la tête de ce Conseil fédéral.

N’oublions pas non plus de remercier Pascal Durand qui a su emmener le parti et qui part maintenant pour l’aventure européenne : élu Député à Strasbourg et Bruxelles, Pascal saura servir au mieux ses, et nos, valeurs européennes et écologiques.

Cette ré-organisation d’EELV envoie des signaux forts : le modernisme, l’activisme, la jeunesse, l’expérience, l’environnementalisme, l’esprit du parti sera résolument moderne et solide. Ainsi, l’arrivée de Julien Bayou est une excellente nouvelle, je suppute la mission qu’on risque de lui confier et je m’en réjouis par avance.

Evidemment, le renouveau incarné par Emmanuelle Cosse est pour moi une excellente nouvelle. Emma sait ce que c’est que la militance, venue du terrain, activiste, femme de tête certes, mais femme de conviction avant tout, elle fut mon choix pour voter, je compte assumer ce choix.

Emmanuelle Cosse, la militante (Cliquez sur l’image pour voir le reportage Itele)

Mais des esprits chagrins veulent minimiser le score, sous entendent des difficultés de gouvernance. Le premier constat sera de leur faire remarquer que la légende qu’ils colportent en mode complotiste de « La Firme » est ici bien éreintée.

Ce résultat nous met face à nos responsabilités, motion par motion, tendance par tendance : ou nous nous déchirons et nous enfonçons dans les limbes du décalage avec la population, ou nous nous responsabilisons pour un travail qu’on attend de nous. L’écologie politique ne peut se grandir que dans l’union des écologistes. Le dogme et le freinage des quatre fers serait dramatique, pour le parti, pour nos élu-es et militant-es mais aussi pour l’écologie, pour notre pays et pour l’Europe. Notre échec serait collectif même si la cause en serait minoritaire.

Mais je fais pleinement confiance à la conscience politique, aux valeurs humanistes et altruistes de toutes et tous au sein d’EELV : pour réussir ou se tromper, nous avons le choix.

Personnellement, en région, sur le terrain, ou au national, j’irai vers la volonté de succès.

#EELV : LE sondage !

#EELV : LE sondage !

Séisme chez EELV : un sondage est sorti montrant pour la première fois que les français seraient pour une sortie des écologistes du gouvernement.

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Comme beaucoup peuvent s’en apercevoir, le parti écologiste est actuellement en période de campagne pré-congrès. Comme certains savent, le parti est partagé entre les personnes qui pensent qu’il faut aller au charbon pour travailler et ceux qui préfèrent rester dans l’opposition confortable (oui cette phrase est partisane…).

Alors, à la parution de ce sondage, que de tweets enjoués sur le thème « Ah on a raison alors ! » émanant de l’interne minoritaire d’EELV. Cependant, à la lecture du sondage, nous découvrons une analyse un peu plus fine du résultat :

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Les personnes qui font la publicité tronquée de ce sondage sont-elles :

[ ] Un peu trop sensibles à l’information non vérifiée ?

[ ] De droite, puisqu’elles pensent comme les gens de droite ?

[ ] partisane du dogme au risque de scier la branche sur laquelle elles sont assises ?

Mais quoiqu’il en soit, les membres d’EELV noteront que 83% des sympathisants écolo sont pour une participation gouvernementale.

Je ne suis pas là pour une écologie du renoncement

Je ne suis pas là pour une écologie du renoncement

Notre Congrès arrive et la campagne interne va aller crescendo, au risque d’entendre nombre de petites phrases assassines dont le seul but est de grappiller des voix.

Historiquement, l’écologie politique s’est souvent partagée en deux : les environnementalistes contre les subversifs, les « en dehors de l’échiquier politique » face aux positionnements de l’écologie politique sur une tradition de gauche et maintenant les « pro sortie du gouvernement » face aux volontaristes de la participation.

Que de chemin idéologique parcouru pour un schisme aussi terre à terre : autrefois les écologistes envisageaient une société différente, maintenant ils laissent à penser que leur préoccupation première est la participation ou pas au gouvernement.

L’entrée au gouvernement et la présence de nos deux groupes parlementaires nous ont renforcés dans l’opinion comme un parti capable de gouvernance. Ce résultat fut également  la résultante du travail de terrain de nos élus locaux : les citoyens constatent au jour le jour que leurs villes, départements ou régions évoluent suivant des principes et des politiques apportés par les écologistes. Le tri sélectif, les nouvelles visions de l’aménagement du territoire, la démocratie participative, la mutation des transports, tous ces changements auraient-ils pu arriver sans la ténacité des verts au fil des années ?

Mais il a fallu composer, et composer est un terme de construction. Les écologistes sont à la tête de quelques communes, certes, mais, pour être dans une majorité de projets, ils se sont alliés dans les départements et les régions avec les socialistes la plus part du temps. Le grand Satan si décrié ce jour nous a-t-il fait perdre notre âme ? A moins que lui-même au niveau local n’ait évolué et ait fait siennes nos propositions (velib, place de la voiture dans la ville, développement de l’économie sociale et solidaire, etc.).

La question de la sortie du gouvernement, pour nous, n’est pas taboue. Mais elle n’est pas notre obsession. Il ne faut pas mettre de côté que si sortie il y avait, nous devrions la faire sur un constat d’échec. Certes, la liste de nos désaccords est longue : CICE, ANI, traités européens d’austérité et de libre échange (TSCG, traité de libre-échange atlantique), grands projets inutiles (NDDL), nucléaire, droit de vote des étrangers, retraites, scrutins territoriaux, ondes électromagnétiques, expulsion de Roms, langues régionales, reconversion de l’agriculture… Certes, le socialiste que nous avons n’est pas celui que nous voulions. Sa théorie du Socialisme de l’offre est pour nous une façon de promouvoir la surconsommation en l’enrobant de chocolat pour mieux faire avaler son amertume de l’échec programmé du libéralisme. Mais, sans la présence d’un poids vert, aurions-nous vu aboutir la loi Alur, des propositions de loi sur une consommation différente (bisphénol, obsolescence programmée), la continuation de l’interdiction de l’exploitation des gaz de schistes, un combat mieux porté dans le mariage pour toutes et tous face à une atmosphère d’objection de conscience ?

Nous n’obtenons pas tout ce que nous voulons, mais c’est le dessein du politique, et surtout de l’écologiste, de tendre vers le mieux vivre en combattant chaque jour les réflexes réactionnaires et conservateurs car changer est difficile à appréhender pour tout le monde. Si nous baissons les bras, nous renonçons aux demandes des citoyens qui ont porté l’écologie dans les institutions nationales comme locales.

Et puis après ? Si nous sortons ? Que faisons-nous ? Là est le grand mystère : le projet est mince et les écologistes n’ont pas été habitués à vivre à court terme, eux qui envisagent le monde en considérant les générations futures seraient-ils devenus aussi peu visionnaires ?

L’évidence est là, l’évidence même : si nous sortons, nous nous inscrivons dans une voie de PGisation qui fait actuellement douter jusqu’au partenaire principal de ce parti, nous le voyons dans des approches du Parti communiste pour les municipales. L’opposition pour l’opposition, les bras posés sur les hanches, le menton relevé, la verve agressive et le résultat inexistant ne sont pas dans nos modèles de pratiques politiques. Et après ? On fait quoi ? On retourne vers les socialistes tout penauds en quémandant d’une main fébrile quelques vice-présidences dans des conseils régionaux, quelques places dans les équipes municipales en mettant un cierge pour espérer qu’il ne s’agira pas des espaces verts ? Nous nous dirigeons alors tout droit vers l’inefficacité et, surtout, la vile manœuvre politicienne, si dénoncée par les parangons de la sortie. Si nous sortons, la porte claquera derrière nous et sera fermée pour des années.

Sortir serait là l’écologie du renoncement, de la réaction primaire dictant l’acte le plus inconsidéré qui soit, cédant à ce que Noël Mamère dénommait « la dictature de l’émotion ». Ce n’est pas pour ça que j’ai rejoint Europe Ecologie. La politique autrement ce n’est pas celle des postures en attendant le grand soir. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, et c’est au petit matin qu’on se lève tôt.

L’opposition est confortable pour jouer son schtroumpf grognon, mais moins simple à appréhender si on désire avancer. Les écologistes ont combattus pendant des années pour apporter leurs idées, toutes ne sont pas encore acceptées même si nos partenaires les envisagent, même si nos voisins idéologiques ont renommé « écologie politique » en « éco-socialisme ». Nous ne sommes pas des béni-oui-oui et n’avons pas vendu notre âme comme en témoigne chaque jour nos discours, voire nos coups de gueules. Notre position est acceptée et évidente pour une majorité de citoyens. La majorité aimerait nous voir être plus influents au sein du gouvernement *. Il n’y a, pour eux, rien d’antinomique à être dans une majorité en apportant une vision critique et constructive. Voilà l’écologie que nous voulons et qui s’oppose à celle du renoncement : l’écologie de la résistance. Et surement pas la renonciation.

* Consulter également l’analyse du dernier sondage si commenté…
L’ #UMP secoue les nouilles

L’ #UMP secoue les nouilles

Je me rappelle d’un temps que les moins de un an ne peuvent pas connaitre…

Publié le 18 novembre 2011, mis à jour le 30 novembre 2011 sur le site Atlantico :

Eva Joly introuvable, silencieuse et en proie au doute depuis 3 jours, EELV, en état de cessation de paiement en juin, est menacé de faillite, dans ces conditions, il lui est indispensable de négocier avec le PS 80 circonscriptions afin d’engranger entre 1,5 et 1,8 millions de voix… chaque voix donnant lieu à un paiement au parti qui en bénéficie d’environ 1,70 euro de la part de l’Etat.

Je me rappelle d’un temps, de post-présidentielle, de pré-législatives, mais surtout de hargnes et de moqueries de droite sur la mort programmée du parti écolo français.

Il y a peu sur iTélé, Geoffroy Didier, le présomptueux sarkoziste à mèche, demandait à la gauche de donner à l’UMP pour sauver la démocratie.

Oui la Démocratie est toujours à entretenir, et pas que par l’argent, mais…

Toi le petit con qui s’est gaussé, toi le vieux bougon cumulard et individualiste, toi le militant bête, méchant, suiveur, sans regard sur l’avenir, sachez que lorsque vous donnez contre la faillite due au gars qui a planté votre parti, des défiscalisations sont effectuées sur ces dons. Ce système est un garde fou aux dérives du passé dans les financements politiques. Mais ces exonérations grèvent les impôts que chacun paye, dont les miens, qui me font donc participer au renflouement du parti des tricheurs, des mauvais gestionnaires.

Alors mes petits bonhommes (car chez vous il y a trop peu de femmes ce qui vous coûte aussi), ça c’est cadeau, un cadeau écolo :

Soutenir EELV : car nous, nous n’avons pas de boulet à sauver… Cliquez sur la madame…

Arrêtons de payer pour les erreurs du passé :

l’écologie, maintenant !

Hou les mauvais joueurs !

Hou les mauvais joueurs !

prix_mauvais_joueurVilleneuve sur Lot : dimanche 16 juin, comme un goût de 21 avril…

Le candidat PS a été définitivement écarté du second tour et on se retrouve avec une finale UMP/FN.

Il est évident que dans ces moments là, une analyse de la catastrophe doit être faite afin d’en éviter une prochaine similaire. Et l’analyse peut commencer par les chiffres : l’UMP a obtenu 28,71% des suffrages, le FN, 26,04%, et le PS échoue à 23,69%. Et tout à coup la solution saute aux yeux des plus fins analystes solfériniens : un FDG à 5,08% et un EELV à 2,78%, si j’additionne, que je retiens un et que j’ajoute l’âge du capitaine, c’est évident, le candidat du PS était au second tour.

Voici le raisonnement qui a pu être entendu, dans la bouche de militants anonymes comme dans celles de ténors comme Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, de Harlem Désir, premier secrétaire du PS, mais vite rattrapé par le premier Ministre Jean-Marc Ayrault.

Ouf ! Monsieur le premier Ministre a remarqué une chose : le PS, le FDG et EELV sont trois partis distincts. Mais nous étions sur la bonne voie, après la déclaration hégémonique de Le Roux, tout à coup les socialistes se sont rappelés que le FDG, c’était pas le meilleur copain en ce moment. Bon, que diantre, oublions les et retournons nous vers les verts, et tapons leur dessus (erreur de comm en tentative de gommage, mais on vous a vu !).

Oui, mais. Car il y a un « oui mais ». Pour ces législatives, il y a eu un accord entre le PS et EELV. Et celui-ci est simple : des circonscriptions d’union et des circonscriptions où on peut tous y aller. Accord signé, promis, juré, cochon qui s’en dédit.

Ah, les accords avec le PS : que de belles chimères. Nous en avons à foison de ces exemples de respect de la signature donnée.

Prenons un exemple très simple. Lyon, législatives 2012. Un accord est signé entre le PS et EELV pour une candidature commune. Mais cela ne convient pas au sieur Collomb, potentat local aux multiples casquettes, archétype même de ce que le peuple exècre en politique : le baron cumulard. Ce monarque local décide de lui même si un accord collectif lui convient ou pas, comme nous pouvons nous en rappeler lors de ses insultes à Philippe Meirieu, candidat EELV sur le Rhône.

Un autre petit exemple ? Ma région ne fut pas en reste : le Centre.

Le candidat désigné par EELV et le PS pour la deuxième circonscription d’Indre et Loire était Christophe Rossignol. Mais c’était sans compter avec Isabelle Gaudron, vice-présidente PS de la Région Centre, adjointe au maire d’Amboise. Elle présenta sa candidature aux législatives sur cette circonscription. Une candidature dissidente à gauche, une fois de plus.

Alors certes, le socialiste à œillère ne verra pas tout ceci, il préférera se lamenter sur la montée du Front national. Il nous dira que nous sommes tous responsables, et il aura raison : depuis 2002, nous avons tous baissé les bras sur la question de l’extrémisme et avons laissé le terrain à l’opération « nettoyage et blanchiment » du FN, amplifiée par des discours irresponsables venant de droite (identité nationale, pain au chocolat, ligne Buisson, etc.).

Mais il est une chose qu’il ne faudrait oublié : sans affaire Cahuzac, il n’y aurait eu de législative partielle du coté de Villeneuve sur Lot. Et c’est bien là le nœud du problème.

A tous les mauvais joueurs, à tous les oublieux de la réalité, méditez bien Confucius :

« Le sage se demande à lui-même la cause de ses fautes, l’insensé le demande aux autres. »

(Merci à Pierre Minnaert et Enzo Poultreniez pour la citation)

Et surtout, vous, nous, les politiques, n’oublions jamais de prendre nos responsabilités, c’est là que veulent nous voir les citoyens : dans l’engagement, pas dans la fuite et la mauvaise foi. C’est souvent cette locution que l’on emploie : le courage politique.