Un sondage à décortiquer pour aider Hollande : la loi Duflot plébiscitée

Le 6 novembre dernier, Itele et le Huffington Post dévoilaient un énième sondage, commandé à Yougov, sur la (im)popularité de l’exécutif.

Le sondeur conclut : à mi-mandat présidentiel, les cotes de popularité de François Hollande et Manuel Valls descendent à des scores historiquement bas, enregistrant respectivement 12% et 22% d’opinions favorable en novembre.

Historiquement bas… Moui, se diront les citoyen-nes, en ajoutant un « qu’est-ce que vous voulez qu’j’vous dise, c’est la routine », mais, au moins, nous avons ici l’information que nous sommes à mi-mandat : deux ans et demi pour en arriver là.

Un sondage de plus, mais un sondage qui va un peu plus loin : d’autres questions sont posées, et les réponses donnent des clés sur les attentes des français.

Certes, ces attentes sont clairement exprimées :

Source Yougov

Les réponses tournent autour du pouvoir d’achat montrant un désarroi sur l’avenir de chaque citoyen-ne : impôts, dette collective, refus du contrat unique. Nous voyons aussi des résidus de méthode Coué, répétée à l’envie, par des politiques populistes : sécurité de l’emploi des fonctionnaires, dissoudre l’Assemblée nationale. Ce dernier point est le seul qui ne soit pas un projet de choix de société, mais un désaveu complet de l’orientation de l’actuelle majorité : il faut changer de politique et,  en tant que français-e, c’est le seul moyen que j’ai trouvé dans la Vème République pour le dire de façon péremptoire. Il s’agit bien là de la démonstration d’une faiblesse de cette Constitution : comment influer sur des choix politiques qui dévient de ce que j’ai exprimé lors de mon vote emmenant ces personnes à la barre de notre avenir.

Et ce n’est pas fini, pourrait-on dire en pastichant l’expression à la mode du moment. Qui dit mi-mandat, dit mi-bilan (en mi-teinte pour des non mi-résultats, ajouteront les plus grinçants).

Il a été demandé au panel de français-es de juger les mesures prises depuis 2012 :

IMG2-mesuresdone

 

Les quatre premiers résultats, éléments du projet écologiste, sont très encourageants, même si nous pourrions considérer qu’ils n’ont été que partiellement réalisés :

  • la transparence de la vie publique, nous la voudrions accolée à une loi plus juste sur le cumul des mandats, et le cumul dans le temps,
  • la retraite à 60 ans, nous l’aimerions pensée dans une loi générale sur le partage du temps de travail,
  • la loi sur le logement, ou ALUR, ou loi Duflot, nous l’exigeons, tout simplement, appliquée en son ensemble,
  • le mariage pour tous, et non pas homosexuel, nous pensons qu’il doit s’accompagner sur une complète réforme de la considération de toutes les familles.

Evidemment, nous pouvons regretter la mauvaise perception de la loi de transition énergétique, sur laquelle un tiers des français-es n’a absolument aucun jugement, aucun avis. Mauvaise communication ? Culture écologique d’une bonne majorité des socialistes insuffisante ? Ce résultat, à l’aube de la conférence pour le climat COP21, à Paris en 2015, est assez triste : il va falloir faire un sérieux effort pour informer les citoyen-nes.

Mais il est à noter que la loi sur le logement est comprise et appréciée, elle qui est si décriée à grand coup de communications tronquées et orientées de la part des professionnels de l’immobilier, si peu appliquée ou alors au compte goutte, petits décrets de ci, de là, et à reculons sous l’égide d’un Premier Ministre réticent, mué soit par un esprit de vendetta personnelle, soit par une volonté d’aimer l’entreprise… immobilière.

Voilà l’enseignement de ce sondage : les réalisations qui vont dans le bon sens doivent être achevées et non plus survolées. Les projets pro-hypothétique-croissance demandant des sacrifices aux citoyen-nes pour le profit du plus petit nombre, dans l’accélération de l’accroissement des inégalités, sont rejetés. En d’autres termes, les français-es demandent à vivre ce qui leur a été promis : la bande annonce de 2012 était alléchante, mais le film n’est pas à la hauteur des espoirs.

Et pourtant, depuis la sortie de ce sondage, on continue avec les déclarations les moins sociales, les pistes de travail les plus terrifiantes pour chaque foyer comme l’annonce d’un potentiel gel des salaires par Emmanuel Macron pour relancer la croissance, la chimérique croissance.

« La majorité de 2012 n’a pas été élue pour conduire la politique menée, elle a été élue pour le changement, pas pour poursuivre une vieille politique, une politique que promeut encore la Commission européenne, qui aggrave les inégalités —on a vu l’augmentation de la pauvreté encore aujourd’hui en France— et crée du chômage. »

« Nous sommes dans un mode de développement qui a trouvé ses limites, un continent où après 150 ans de révolution industrielle, après un système où on a produit pour produire, notamment avec l’épuisement des ressources naturelles, avec le renchérissement du coût de l’énergie, avec la concurrence au niveau mondial, il faut donc travailler avec un autre système qui crée des emplois, une prospérité avec faible niveau de croissance. »

Ce que disait Cécile Duflot, ce 24 novembre sur RTL, ce que montre ce sondage sur les volontés, et non plus seulement les attentes, des citoyen-nes.

 

Une réflexion sur “ Un sondage à décortiquer pour aider Hollande : la loi Duflot plébiscitée ”

  • novembre 26, 2014 à 8:54
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    Je ne suis pas certains que les sondés savent ce qu’est la loi Duflot. En tout cas, merci pour votre article, ça fait du bien, c’est très green ici, non ? Que pensez-vous du dispositif Pinel ?

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