Sarkozy : une victoire à modérer mais une info sur le nombre d’adhérents

A vingt heures, il va parler. Sur son média préféré, TF1, le Napoléon attendu de la droite UMP est de retour : sonnez hautbois, résonnez trompettes !

Les éléments de langages ont été portés depuis la veille, dès le résultat connu, par ses fidèles, ses amis, ses ténors : une victoire nette, encourageante, une légitimité, il n’y a pas d’autres mots. Pas si sur…

Il est à noter les scores, tout d’abord de ses concurrents : Le Maire a obtenu 29,18% des voix, et Mariton 6,32%, autant que d’adhérents à EELV, souligne ce dernier. Que celui-ci se rassure, à EELV, il aurait eu un score plus net, autour de zéro. Ces résultats ne sont pas à nier, et celui de Bruno Le Maire montre qu’il existe une alternative à la loi du Sarkozisme tout puissant en ce parti mono-centré sur un chef salvateur.

Mais il ne faut pas oublier qu’il y a 10 ans, Nicolas Sarkozy emportait le parti avec 84% des voix, son influence s’use. On peut comprendre la lassitude des militants UMP qui ne voient qu’une histoire se répéter, un parti embourbé par ses querelles internes, ses affaires, une absence de projet alors qu’un boulevard pourrait se dérouler devant eux face à l’échec du gouvernement et un Hollande en perdition complète. Ce sera leur petite quote-part à l’ascension de Marine Le Pen.

Allez, ne soyons pas vachards, le score n’est pas si mal… Mais en terme de suffrages exprimés. Car si on s’intéresse à l’abstention, c’est à dire à l’ensemble des électeurs de l’UMP, le score devient soudainement plus modeste.

Selon l’UMP elle-même, le taux de participation est de 57%, soit 154 014 votants. Donc si je pose les votants, que je recherche comment on calcule, je fais ma petite équation et… Il y aurait 270 200 adhérents à l’UMP. Mais où sont passés les 116 186 personnes qui n’ont pas voté ? Décédées comme au bon vieux temps des Tibéri ? Inexistants car les chiffres sont gonflés par l’addition des cartes de 2013 non renouvelées ? Car, comme au Parti socialiste, on a une légère tendance à amplifier le chiffre des adhérents dans ces partis bien comme il faut. Ce dimanche, Cambadélis, cuisiné par Elkabach, avouait qu’en adhérents 2014, il n’en comptait qu’autour de 70 000.

Près de 120 000 personnes, qui s’engagent dans un parti, ce qui n’est pas un acte anodin, et qui disparaissent, cela devrait questionner les organisateurs d’un scrutin.

Voilà pourquoi ces partis ont du mal à avoir des congrès clairs : ils ne le sont pas sur le chiffre de leur électorat interne. Ces petites magouilles de quantités n’aident pas à la transparence, donc à la confiance des citoyens.

Mais à vingt heures, les éléments de langage seront là, la victoire sera présentée comme nette, les médias le reprendront et Sarkozy aura gagné sa légitimité, en étant allé la chercher avec les dents.

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