#NDDL : la colère du petit chef

Vendredi 17 juillet,  la justice a rejeté les recours présentés lors de l’audience du 18 juin dernier, émanant de l’ACIPA, d’associations d’agriculteurs et d’élus locaux, concernant les volets environnementaux du projet. Il s’agit d’un revers pour les opposants à cet inutile, coûteux et polluant projet d’aéroport.

Dans la foulée, le premier Ministre s’est fendu d’un communiqué déclarant que “cette décision confirme la parfaite conformité du projet au droit, et le respect des procédures encadrant la réalisation des projets d’infrastructures”. Valls s’était d’ailleurs très tôt engagé comme partisan du projet, bien que l’Etat n’en soit pas le commanditaire principal, 43,3 % seraient directement subventionnés par l’État et les collectivités locales.

Cependant, lors de sa campagne présidentielle, en 2012, François Hollande avait promis qu’aucuns travaux ne commenceraient avant la fin des recours juridiques. Et ce 17 juillet, malgré la décision du Tribunal administratif, ne signe pas cette issue. Comme le relève Mediapart, interrogeant Thomas Dubreuil, avocat des requérants (plusieurs associations dont l’Acipa, le collectif historique d’opposants, le CéDpA regroupant des élus et EELV), des recours auprès de la cour administrative d’appel sont encore possibles, puis le Conseil d’État peut être saisi. Par ailleurs, Raphaël Romi, professeur de droit public, explique que la France n’a toujours pas répondu à la mise en demeure de Bruxelles sur le pré-contentieux portant sur l’absence de certaines évaluations d’impact environnemental dans le dossier de l’aéroport nantais, autant dire qu’une procédure est toujours en cours au niveau européen.

Mais le problème n’est pas que là. Il y a un réel problème de gouvernance avec ce premier Ministre.Outre le fait qu’il passe sur les promesses de campagne du candidat Hollande, Europe 1 nous apprend qu’à Matignon la réaction est que les écologistes “n’avaient qu’à rester au gouvernement s’ils voulaient peser sur ce genre de décision”. Cette déclaration signifie que si des ministres EELV avaient été présents au Gouvernement, il y avait moyen de discuter sur le sujet. Peu importe les expropriations de riverains et d’agriculteurs, foin de toute la biodiversité, rien à faire de la réflexion économique : tout ceci ne serait qu’affaire politicienne, au sens le moins noble du mot.

En son époque, après les déclarations du premier Ministre en faveur de ce grand projet inutile et coûteux, Ségolène Royal avait déclaré : “Je lui dis bon courage. […] Le Premier ministre a le droit de prendre des décisions, je n’ai pas à les commenter”, s’est-elle contenté d’expliquer, ajoutant lui laisser “l’entière responsabilité de sa déclaration”. Et la ministre de l’écologie a bien raison : il va en falloir du courage, car on ne peut accepter que l’on prenne de telles décisions sur le mode du coup de menton. Un premier Ministre, ça passe, une procédure, c’est beaucoup plus long…

Une réflexion sur “ #NDDL : la colère du petit chef ”

  • juillet 20, 2015 à 4:33
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    Effectivement, la déclaration du 1er ministre est la preuve que le projet n’est pas d’un intérêt majeur puisqu’il déclare lui-même que si les verts étaient restés au gouvernement, NDDL aurait pu être abandonné, mais du fait de leur départ du gouvernement, en guise de revanche et de punition, il s’entête sur le projet.
    Tout ceci prouve le degré nul du raisonnement.
    Il est vrai que pour lui, un aéroport, tel NDDL, sera exemplaire pour l’environnement.
    Sa connaissance en la matière se limite apparemment à la couleur de l’aérogare (vert et toit végétalisé) et non au kérosène consommé.
    C’est ainsi que son vol Paris-Munich en Falcon avec ses fils, aux frais du contribuable, était, sans doute, de haute qualité environnementale (3.000 litres de kérosène pour aller applaudir une équipe de foot composée de multi-millionnaires), à l’heure où l’humanité devrait réduire drastiquement ses consommations carbonées

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