L’insoutenable légèreté d’écrire du Lab d’Europe 1

Il est une nouvelle pratique en matière journalistique qui donne parfois des résultats intéressants sur le discours des politiques, c’est le fact checking ou, en français, la vérification des faits. France Info en a fait une rubrique, les Décodeurs sur Le Monde en ont fait une ligne rédactionnelle.

Le système est simple : une personnalité, souvent politique, évoque un fait, des chiffres ou je ne sais quel résultat d’un rapport d’une ONG et le journaliste va aller vérifier ses dires, ou les dénoncer. Le résultat est intéressant : le politique fera attention à ce qu’il assène et bossera ses dossiers. Il s’agit là, comme le dit Wikipedia, d’une forme de journalisme d’investigation.

Mais ce travail peut également se faire au jour le jour par le journaliste lui-même : cela s’appelle la vérification des sources. Technique pratiquée par de nombreux médias, je pense ici à Mediapart, qui évite de dire des bêtises, de diffamer et qui permet au journaliste d’avoir la solide satisfaction du travail bien accompli.

Il vous semble là que j’énonce des évidences ? A constater les techniques employées par certains médias du web, on dirait bien que l’évidence ne l’est pas pour tous. Un de ces médias est même devenu un des maîtres de l’à peu près : le Lab d’Europe 1.

Nous sommes un long week-end, l’actualité se renouvelle peu, certes on crève sous les bombes et les exactions de chaque côté en Israël et Palestine, mais l’information fait « réchauffé » puisqu’il n’y a pas de nouveauté. Alors le journaliste de permanence, enfin qui doit surement être en télétravail vu la nature de son boulot, scrute. Et le meilleur endroit pour scruter sans bouger de chez soi, c’est Twitter. Et là, boum, patatra, l’écologiste qui dérape. C’est bon ça coco, les écolos c’est censé être des gentils, si on en épingle un, c’est jackpot.

Mais merde, Pierre, qu’est-ce que tu racontes, c’est une connerie ça ? C’est un peu violent non ? Chouette, s’esclaffe alors le permanent du Lab, on en tient un :

Clipboard02

Oui mais il y a comme un petit souci : le magazine titre « Un conseiller fédéral » et Pierre n’est pas conseiller fédéral, il l’a été mais ne l’est plus. Certes, sur sa bio Tweeter, qu’il avait surement oublié de changer, cela était indiqué, mais un peu de fact-checking, de vérification, de travail journalistique aurait pu éviter cette approximation. La liste des Conseillers fédéraux d’EELV est publique sur le site du parti. Et lorsqu’on fait remarquer au journaliste son erreur, monsieur se drape dans son indignation :

Mais il eut juste fallu bien faire le boulot. Tout comme il eut été intéressant de faire le boulot, la semaine passée sur la pseudo-affaire Eric Piolle : les faits étant eux-même publiés sur le site du candidat, mais nous avons déjà traité du sujet dans un précédent article.

Depuis le Lab a changé son titre, mais l’url (le lien de l’article) montre bien l’origine du titre.

On aurait pu également, aller faire un tour sur le compte Facebook de Pierre Minnaert, fouiner, chercher quelque chose qui se rapporte au sujet. Personnellement, je l’ai fait, cela m’a pris le temps de chargement de la page, de chez moi :

Clipboard01

Voilà donc un autre angle montrant que Pierre n’est pas antisémite mais qu’il cherche à piger où se niche la haine dans chaque provocation de chaque parti de cette saloperie qu’elle soit terroriste d’un coté ou criminelle de l’autre.

Alors nous allons ici conclure ainsi, afin qu’on ne m’accuse pas de défendre Pierre parce que je l’apprécie :

Les haters ont maintenant un site, il s’appelle le Lab.

Laisser un commentaire