Les grands projets inutiles : vous faire croire que c’est dans l’intérêt général

Xavier Beulin a parlé : les « djihadistes verts » en veulent au progrès. Avant lui, nous avions déjà eu « le retour à la bougie » et l’ « écologie, ça commence à bien faire » de Sarkozy, sans oublier bon nombre de balayages méprisants de mains face à nos arguments dans des réunions publiques sur le POCL, sur les plateaux de télé traitant de Notre Dame des Landes ou du barrage du Sivens.

Il aura fallu un mort pour réactiver la haine de ces personnes contre les écologistes. Peu importe la période de deuil, peu importe leurs indignations la semaine passée suite au tweet de Gérard Filoche, peu importe le respect dû à la famille et aux ami-es de Rémi Fraisse, il est important pour eux de parler, de convaincre, quitte à mentir, car ils sentent qu’ils doivent attraper l’opinion publique.

Mais tout d’abord, il est important de définir ce qu’est un grand projet inutile et imposé (GPII). Visitons donc la définition de Wikipedia :

L’expression « grands travaux inutiles » (abrégée en GTI) désigne, depuis le milieu des années 1980, des réalisations d’infrastructures qui se sont avérées a posteriori économiquement et/ou écologiquement contre-productives, inutiles ou déficitaires. Sont apparues au début des années 2010 les expressions « grands projets inutiles » et « grands projets inutiles et imposés », qui désignent des projets en cours, dont l’utilité est remise en cause a priori.

Car c’est à cela que s’attellent la famille des écologistes qui alertent sur ces projets : empêcher que les projets inutiles d’aujourd’hui ne deviennent les dettes, aussi bien monétaires qu’écologiques, de demain.

Dédiés à une poignée de personnes ou d’investisseurs, mettant en cause le bien commun, l’intérêt général, ces projets sont souvent financés ou par des montages hasardeux générateurs d’endettement à venir (PPP) ou subventionnés par des fonds publics, en d’autres termes, vos impôts. Nous avons évidemment le méga jackpot lorsque l’initiateur du projet arrive à allier les deux.

Quitte à faire disparaître des infrastructures existantes (les petites gares menacées par le développement du TGV par exemple), quitte à faire passer des vessies pour des lanternes : on va essayer, à grands coups d’éléments de langage, de vous faire croire que ces GPII sont inéluctables, qu’ils s’inscrivent dans la marche du progrès.

Si le progrès, c’était de diminuer votre confort de vie en finançant vous même ce par quoi vous allez être embêté, pour des profits qui ne vous intéressent pas, alors il faudrait réformer tous les dictionnaires parce qu’il y a erreur de définition.

Enfin, argument ultime, pour tuer son chien, il faut dire qu’il a la rage. Alors, de concert, des élu-es, des syndicalistes productivistes, qui marchent surtout pour leur business, et des partis entiers comme le FN, parti populiste où les arguments sur le sujet vont rejoindre ceux de Xavier Beulin, alors toute cette chorale de pseudo-indignés essaieront de démontrer que la violence n’est pas de leur coté.

La FNSEA a détruit des préfectures, a souillé vos villes avec du gâchis de récoltes, les FN se sont joints aux manifs pour tous pour violenter, discriminer, les Bonnets rouges ont détruit des portiques, voilà bien de beaux donneurs de leçons sur le pacifisme.

Les morts depuis Vital Michalon jusqu’à Rémi Fraisse, en n’oubliant pas Fernando Pereira, tué lors de l’attentat du Rainbow Warrior ne sont pas des djihadistes. Il serait décent de ne pas souiller leurs mémoires.

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