Les décisions prises doivent être assumées

La nouvelle directionUne fois de plus, le tout Paris est en supputation suite aux fuites venant de l’Elysée, montée en neige depuis environ une semaine : un remaniement ministériel est imminent (je l’indique ici pour les personnes les moins observatrices). Le bal des courtisans fut relancé, l’orchestre médiatique reprenant ses pupitres. Remaniement exotique n’intervenant même pas après une crise due aux attentats de 2015, trop tardif pour être la conséquence des résultats catastrophiques pour le Parti socialiste, éjectés de plusieurs régions au second tour, remaniement artificiel qui, suivant les hypothèses, relèverait d’un retour à gauche, d’une consolidation des forces de 2012 ou encore, allant même jusqu’à l’éviction d’un premier Ministre trop jusqu’au-boutiste pour le Président. Mais surtout remaniement après une confusion complète après le vote à l’Assemblée nationale de la proposition de loi sur l’ensemble du projet de loi constitutionnelle de protection de la Nation.

Mais temporellement, ce remaniement est celui de la dernière chance, le dernier avant l’échéance de 2017, comme un rattrapage de septembre pour élève trop moyen n’ayant réussi sa session d’examen. Les meilleurs sont convoqués, les plus emblématiques, les plus attendu-es par les français-es, mais ils refusent : ils ne sont pas dupes, ce remaniement sera celui de l’échec, héritant d’un bilan contraire à ce qui avait été convoqué en 2012. Alors vient le temps des seconds couteaux, les rattrapés de justesse, celles et ceux qui trépignent depuis des mois, il n’est même pas sûr qu’il y aura pitance suffisante pour tous les affamé-es.

Une fois de plus, le doute plane sur les écologistes : le Président veut rattraper ce qu’il a gâché, voulant ramener ce qu’il estime être son troupeau, en lâchant ses chiens de berger qui ne savent que mordre les chevilles, et non pas rassembler dans la paix nécessaire après une perte de totale confiance. Car la confiance, c’est comme l’amour, ça se gagne, ça se cultive, ça se conserve ou ça se gâche, mais ça ne se décrète pas.

Une fois de plus des noms sont lâchés, comme nous l’avons vu, ils ne seront que des seconds choix. Une fois de plus, des promesses d’abandonner Notre Dame des Landes, de fermer Fessenheim, de penser à la proportionnelle vont être agitées tels des miroirs aux alouettes, au lendemain des votes que l’on sait à l’Assemblée nationale, jusqu’à cet amendement sur le droit de vote des étrangers, rejetés par 1 PCF, 56 PS, et un ancien écologiste au mépris des promesses électorales présidentielles et législatives de 2012. Mais il est plutôt cynique d’essayer de nous faire croire qu’il faut un sacrifice humain sur l’autel écologique. Notre Dame des Landes, Fessenheim, Bure, la ferme des mille Vaches, la COP 21, son héritage mal engagé, le pont de Jargeau, la réforme fiscale tant promise, le traitement efficace du chômage, tous les grands projets inutiles, les réductions de tous les polluants, tous les engagements, ne sont pas négociables, ils sont urgents et ne doivent pas faire l’objet de chantages.

En mai 2015, le Conseil fédéral d’Europe Ecologie – Les Verts votait cette déclaration :

Le Conseil fédéral réaffirme et décide que :

– Toute stratégie ou réorientation politique doit procéder de décisions collectives et démocratiques. Hors congrès ou référendum, les décisions qui comportent une orientation stratégique pour le parti relèvent du CF

[…]

– Hors congrès ou référendum, le Conseil fédéral demeure la seule instance habilitée à valider une participation des écologistes au gouvernement du pays. Pour qu’il y ait une logique à ce que les écologistes puissent affirmer leur ligne pragmatique et responsable au sein d’un gouvernement, il faudrait un accord sur une feuille de route issue de discussions approfondies qui confirment la volonté de s’engager dans le combat pour la planète et le climat par un changement de cap dans la politique gouvernementale conforme à l’accord signé entre PS et EE-LV en 2011.

Ces termes sont suffisants, la volonté gouvernementale n’a pas évoluée et ce n’est pas à presqu’un an de la présidentielle qu’il est possible de réaliser ce pour quoi nous avions voté : les engagements du candidat Hollande. Il serait donc périlleux pour toute personne issue d’EELV quelle qu’elle fut d’engager la réputation de l’écologie politique dans un choix personnel. Les conséquences seraient siennes et non pas collectives.

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