Le sondage qui fait peur mais qui devrait faire réfléchir

Le magazine Marianne en fait sa une pour cette semaine, en ayant commandé un sondage à l’IFOP : dans le cas d’une élection présidentielle ces jours-ci, Marine Le Pen serait en tête à l’issue du premier tour, le candidat socialiste, quel qu’il soit (Hollande, Valls ou Montebourg) serait systématiquement éliminé, laissant un duel Sarkozy-Le Pen. Un nouveau 21 avril serait d’actualité, et bien des voix des gauches et des écologistes seraient tiraillées sur un choix impossible pour elles, une démission, se traduisant par une abstention des gauches, serait alors tout à fait possible.

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Comme à chaque sortie de sondage, la prudence est de mise (conjoncture politique et économique, échantillon interrogé, marges d’erreur, etc.), mais également, plusieurs enseignements à en tirer.

Le premier vers lequel un écologiste ira, sera le faible score de Cécile Duflot qui tend à montrer que les résultats d’Eva Joly, ou encore de Dominique Voynet, ne sont pas essentiellement dus à la personnalité de la candidate, mais à un nombre de facteurs qui défavorisent les écolos dans ces scrutins plébiscitaires, héritage gaullien voire napoléonien du chef suprême rédempteur et messianique.

On pourra gloser sur une UMP perdue sans son chef ultime même empêtré dans les affaires, sur un FN qui, malgré son silence actuel, son manque de propositions, de solutions viables, tire son épingle du jeu.

Mais il est un point qui doit occuper l’esprit de toutes les composantes de la gauche, tous ceux qui ont voté François Hollande en 2012 : comment ce monsieur, qui a été le pourvoyeur des succès électoraux successifs (régionales, municipales, cantonales, etc.) peut il être le fossoyeur de nos idéaux ?

Après un premier avertissement, les municipales, puis un deuxième, les européennes, voici le troisième : et un, et deux, et trois,..

Mais un certain nombre de politiques, engoncés dans leur microcosme, ne voient pas, ou ne veulent pas voir : l’UMP est absente, l’UDI n’occupe pas le champ resté libre, le Front de Gauche qui peine à retrouver son coeur de métier, le peuple, et qui se perd dans des duels d’appareil, les socialistes en désaccord avec Valls ne font pas légions, non soutenus par une base qui applaudit le premier Ministre à La Rochelle sur des discours de fermeté à l’égard des Roms, une base qui se fait discrète sur le thème du « oups, excusez-nous quand même… ». Et enfin, ne nous oublions pas : les écologistes qui dansent sur une ligne de démarcation schizophrénique, faut qu’on soutienne… bah oui mais quoi ?

La réflexion interne des écologistes est pourtant simple : nous faisons partie de la majorité, mais celle de 2012. Celle de la lassitude d’une droite arrogante travaillant pour un petit nombre, celle du refus de l’accroissement des inégalités, celle d’une autre société mieux régulée, plus juste, plus égalitaire.

Alors les écologistes ont alors le choix : rester bloqués sur 2012 en espérant que Valls et Hollande reviendront d’eux-même vers ce sur quoi les français les ont portés, ou initier un nouveau projet fédérateur, écologiste, juste, différent, refusant la dérégulation, la quête chimérique de croissance, un projet qui donne au français-e ce qu’ils attendent : un nouvel espoir.

Et, surtout, nous devons élaborer un projet réalisable, dont les promesses n’engageraient pas que ceux qui les écoutent. N’accompagnons pas ce PS dans sa chute, puisque nous n’influons pas (ou plus) sur ses orientations, il nous reviendra quand il se réveillera.

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