La subsidiarité a sauvé (ou presque) la ligne politique d’EELV

emboiteeEntre le 6 mai 2012, l’élection de François Hollande, et la situation dans laquelle se trouve actuellement le parti écologiste, une grande évolution s’est opérée. Mais pour l’analyser, il faut arrêter d’avoir le nez collé au mur et reculer de trois pas, afin de mieux appréhender l’obstacle. En effet, si EELV semble avoir entériné son divorce du « grand frère naturel » depuis quelques mois, il faut analyser par où est arrivé ce choc de simplification.


Les élections intermédiaires, dans notre Vè République, sont maintenant les seuls moments sanctions que les citoyen-nes peuvent adresser au pouvoir en place, et ceci est encore plus accentué depuis la réduction du temps de mandat présidentiel et l’inversion du calendrier électoral. En plus de l’habituel effritement des majorités, François Hollande a eu le talent d’accentuer le mécontentement par diverses trahisons à ses promesses et engagements de candidat, plus ou moins bien camouflées.

Mais ce n’est pas sur la promesse d’un échec électoral, qu’EELV a su se détacher de la cacophonie socialiste, mais bien sûr ces constats de revirements, de mensonges, de petits arrangements avec la réalité. Ce détachement, depuis le refus d’entrer au gouvernement Valls I, ne s’est pas fait en une seule fois. Une phase lente de calibrage qui pourrait s’apparenter à de l’expérimentation a eu lieu.

Lors des municipales de 2014, les réalités locales se sont faites siennes : des accords ponctuels, des autonomies, des scénarios différents ont permis à la fois des succès comme Grenoble, des échecs mais aussi des gâchis, comme Montreuil.
En 2015, lors des départementales, les multiples scénarios, dont certains avec l’espoir de reproduire le succès de Grenoble, ont été tentés à nouveau. Mais EELV, toujours engoncée dans une image de parti de gouvernement, a vu ses résultats entrainés vers la défaite comme tous les partis de gauche. Les échecs du FDG n’ont pas, non plus, éclairci les décisions stratégiques à prendre.

Alliance PS, alliance FDG, alliance avec tout ou partie de celui-ci, autonomie : aucune règle ne semblait sortir du lot pour sa fiabilité. Cette expérimentation agaça même à la tête d’EELV, puisqu’on entendit dans les couloirs du Conseil fédéral que la cohérence politique des écologistes était là mise à mal. Des termes tels que « baronnies locales » ou encore « décisions absurdes de la conférence des régions, la firme 2 » confinaient à la théorie du complot plus qu’à l’analyse réfléchie.

Décembre 2015, les régionales. Le réglage s’affine et c’est sans aucune intervention du Conseil fédéral ou du Bureau exécutif qu’une certaine cohérence nait : toutes les régions métropolitaines se dotent d’une tête de liste écologiste. Les résultats furent divers, certains tristes, dramatiques, d’autres plus heureux, citons même un autre, l’Île-de-France, ressemblant à un succès partiel, devenu depuis une calamité par la position en danseuse de son ex tête de liste. La région Centre, elle, s’enorgueillit de sa cohérence dans une idée inclusive et fédératrice, malgré quelques interférences de personnes vite oubliées, une idée qui reste le ciment de l’équipe contre l’individualisme pour la réussite de gouvernance collective au sein d’une majorité.

Durant toutes ces échéances électorales, les groupes parlementaires se déchiraient, la direction nationale d’EELV naviguait entre le soutien au gouvernement sur certaines mesures, et la critique acérée sur d’autres. Jamais ne fut envisagée une clarification simple à l’attention des citoyen-nes : EELV était-elle, et est-elle, dans l’opposition ou la majorité ? Et les pollutions d’images négatives pour le parti se sont installées.
Seule la main invisible de la subsidiarité a pu donner un semblant de ligne politique, maintenant portée tel un étendard qu’il fut difficile à faire sien : l’écologie devra être autonome ! Mais nous devrions y préférer : l’écologie doit être indépendante.

Une direction peu assurée, une ligne politique en zigzag, mais une clarification politique en construction, voilà ce que les adhérent-es ont envoyé comme message, en utilisant leur outil : la subsidiarité.
Il est donc essentiel que pour le congrès à venir, le choix des adhérent-es aille sur celles et ceux qui défendront le fédéralisme, refuseront le centralisme. Chaque décision pour un territoire doit être prise sur ce territoire, car ce ne sont pas ces territoires qui ont engendré le malaise politique d’EELV, bien au contraire.

Laisser un commentaire