J’ai un dernier petit truc à te dire pour ce week-end, avant dimanche…

Je t’ai écrit avant le premier tour pour t’expliquer mon engagement et mon soutien à la liste Ecologistes, Citoyens et Solidaires. Près de 57000 électeurs ont fait ce choix qui a permis à 19 candidats de cette liste de figurer au second tour, dans une liste de fusion avec la liste conduite par François Bonneau.

Mais ce premier tour a surtout indiqué que le risque de voir la région dirigée par le FN n’avait jamais été aussi grand tout comme l’abstention reste à des niveaux records. Nous n’avons cessé pendant le premier tour de parler d’un contexte de crise démocratique, appelant à une remise en question de la vie politique, à renouer un lien sincère avec les citoyens, à redonner confiance dans l’action des élus. Mais ce thème n’a malheureusement pas occupé toute la place qu’il aurait dû.

Dans la perspective du vote de dimanche, il ne suffit pas de faire un barrage au FN, les barrages soumis à de fortes pressions finissent par s’effondrer et les catastrophes sont amplifiées.

Il faut répondre aux préoccupations de nos concitoyens, il faut réenchanter l’action politique, il faut renouer un lien avec les citoyens. Nous ne pouvons ignorer que les élus de demain le seraient avec 35 à 40% de la moitié des voix, soit entre 17 et 20%, cela appelle à un devoir de modestie et encore plus, à s’engager dans la voie du changement.

A celles et ceux qui pensent ou hésitent à s’abstenir, par dépit, par déception et colère à l’égard de la politique nationale, je peux dire que je comprends profondément ce dilemme.

Si tu es de ceux-celles-là, je me permets quelques explications qui peuvent peut-être éclairer ton choix, non sur le FN, je pense que c’est suffisamment clair et que, ce que serait une région dirigée par le FN, chacun peut s’en faire une idée.

Faire barrage n’est pas suffisant

Je pense qu’il faut parer au plus pressé : empêcher absolument le FN d’aboutir à ses fins, mais que le plus important reste à faire. Il faut engager à court terme et résolument, un travail de fond sur le sens de l’action politique, sur les crises qui nous minent et d’agir avec détermination avec les citoyen-nes pour qu’ils reprennent en main leur destin, en particulier dans ce que certains appellent la France périphérique, celle qui se sent oubliée.
Les écologistes auront un rôle déterminant en cas de victoire.

Paradoxalement, avec un score nettement diminué par rapport à 2010, notre capacité à peser s’en trouve amplifiée. En effet, par l’effet conjugué d’un score de la gauche qui sera inférieur à 50% des voix et l’absence du Front de Gauche au second tour, nous disposerions d’un total de 9 sièges dans une majorité aux alentours de 40 sièges. Au sein du Conseil régional, la majorité est à 39 voix et vous mesurez donc que le PS avec possiblement 31 sièges ne pourra rien voter sans nos voix. Ce rapport de force est en notre faveur, même si nous devrons en faire un usage intelligent pour faire avancer les préoccupations que nous avons défendu. Si tu t’abstiens, la possibilité que je viens de te décrire, disparaîtra, bien sûr. Si je t’écris cela, c’est qu’il me semble que chaque choix doit être éclairée par tous les éléments. Ce rapport de force favorable, inespéré avant le premier tour, est une chance, pour faire avancer notre projet et cette information mérite d’être regardée.

Un projet de rassemblement exigeant et tenant compte des priorités écologiques

Le projet de rassemblement intègre suffisamment de propositions que nous avons porté pendant la campagne de premier tour et sans cela, nous n’aurions pas accepté de fusionner. Transition écologique, transition démocratique et renforcement de la capacité des territoires à résister, amplification des soutiens à l’économie sociale et solidaire, promotion d’un modèle de développement s’appuyant sur les ressources locales, la coopération et solidarité. Bref, de nouvelles avancées sont possibles.

Ton vote dimanche peut donc nous donner les moyens de repousser le risque FN, mais surtout, et j’en ai la pleine conscience , d’engager des changements pour que ce risque ne devienne pas encore plus prégnant.

Le PS avec les écologistes n’est pas le même PS

Et je peux même ajouter, après une expérience de six années des écologistes dans la majorité au Conseil régional, que François Bonneau le sait et a démontré sa capacité à tenir compte de cette diversité, de ce rapport de force. On peut lui reprocher de ne pas avoir assez pris de distance par rapport à l’action du gouvernement, mais si on regarde objectivement le bilan de la région, on doit lui reconnaître d’avoir conduit une politique de gauche et écologique, avec un apport déterminant de notre groupe. Un plan climat énergie exigeant, l’isolation de plus de 3500 logements sociaux à la norme BBC (bâtiment basse consommation), un développement de l’action éducative dans les lycées, une stratégie de tourisme durable et la réussite extraordinaire de La Loire à vélo, un renforcement sans précédent des actions en faveur de la biodiversité, le lancement d’un quatrième plan Loire…Il y a bien sûr de nombreux points de désaccords et ils sont encore là : aéroport de Tours, la mise en concession autoroutière de la Nationale 154 (même si la région ne finance pas), les partenariats public-privé dans les lycées, le POCL, le nucléaire… mais les lignes bougent et nous ne lâcherons rien, non pas pour prendre en otage, mais par un dialogue qui fait évoluer chacun.

Nous ne lâcherons rien

Il nous faut donc, dimanche, empêcher le FN d’arriver au pouvoir mais par là-même donner un mandat exigeant à la liste de rassemblement : s’atteler à engager des changements, à l’exemplarité, à l’action avec et pour les citoyen-nes.

Les écologistes sont prêts à relever le défi. chaque candidat-e a signé une charte par laquelle, il s’engage à rendre compte, je puis t’assurer que nous l’appliquerons, comme lors de la précédente mandature. Notre participation à la liste de rassemblement n’est pas un blanc-seing au PS, c’est une possibilité donnée de progresser ensemble. Nous respecterons ce que les citoyens ont dit par leur vote au premier tour et comme nous représentons 6,60 % des suffrages, nous ne prétendons pas faire un usage irresponsable de la capacité que nous donne cette situation exceptionnelle.

Ton choix dimanche est donc important, quel qu’il soit, tu peux compter sur notre détermination en cas de victoire, à nous relever les manches encore plus qu’hier, pour répondre au besoin de justice sociale, pour l’égalité des territoires et pour l’indispensable transition écologique de notre région.

Lettre basée sur un texte initial de Charles Fournier, chef de file des écologistes engagé-es dans ce scrutin.

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