Il n’a peut-être pas vu le loup, mais il a du voir la vierge…

Dans un article du 14 avril dernier sur le Plus du Nouvel Obs, Yves Pacalet, philosophe écologiste, déclarait que les élus écolos [au Sénat avaient] voté pour, par ignorance ou par bêtise, un amendement du sénateur UDI de Haute-Savoie Jean-Paul Amoudry qui établissait « la nécessité de définir des zones de pâturage préservées ou indemnes de prédateurs tels que le loup », afin « de réserver les territoires montagneux ». Un amendement de cette teneur constitue ni plus ni moins qu’une déclaration de guerre au loup, espèce protégée par la Convention de Berne, que la France a signée et qui l’engage devant le monde entier. 

Toujours selon monsieur Pacalet : qu’un tel amendement ait été voté par la plupart des sénateurs actuels ne m’étonne pas. Qu’il l’ait été par les sénateurs écologistes est, au choix, une belle connerie ou une authentique saloperie, ou les deux à la fois.

Voilà donc une indignation saine et digne, sauf si la connerie, dont découle alors l’authentique saloperie, était bien là où on l’attendait.

Devant l’erreur flagrante, le Secrétariat du Groupe écologiste du Sénat s’est alors fendue d’une réponse, parue dans les commentaires de cet article :

Concernant l’amendement dont [monsieur Pacalet] fait état, à l’article 1 il remplace les mots : « et en la préservant des préjudices causés par les grands prédateurs » par les mots « pour lutter contre l’envahissement par la friche de l’espace pastoral, et pour la préserver des préjudices causés par les grands prédateurs ». Il ne modifie en rien donc ce qui était déjà inscrit dans le texte concernant les grands prédateurs.

D’autres articles concernaient en revanche directement le loup.

M. Labbé et le Groupe écologiste ont déposé un amendement de suppression de l’article 18bis (article introduit par le rapporteur en commission visant à autoriser les éleveurs à faire des tirs de prélèvement). [Les Sénateurs EELV ont] également déposé des amendements de suppression des mentions visant à donner un siège spécifique aux fédérations de chasseurs dans les instances agricoles et apparentées (type CA CDPENAF, ONF) et un amendement de suppression des alinéas 34 et 35 de l’article 18 qui visent à permettre aux fédérations de chasse de répondre aux arrêtés du préfet sur les tirs de prélèvement.

Le Sénat a certes autorisé les éleveur d’ovins à abattre les loups, mais malgré la virulente opposition [des sénateurs écologistes]. [Ceux-ci considèrent] en effet qu’il s’agit d’une disposition contraire à la convention de Berne.

Les écologistes ont donc bien défendu le loup, contrairement à ce qui est avancé dans ce papier ! Merci de bien vouloir en tenir compte.

Monsieur Pacalet fera alors paraître un article sur son blog personnel, article quelque peu limite au niveau de la mauvaise foi, mais ne rétablira pas la vérité sur Le Plus du Nouvel Obs.

Les écologistes, contrairement à d’autres politiques, doivent toujours se justifier. Ils l’ont fait une fois de plus et, une fois de plus, ont montré leur probité. Même en se proclamant philosophe, tout écologiste qu’il soit, la leçon est bien qu’avant de crier au loup, il faut se renseigner un petit peu.

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