En Centre – Val de Loire : une droite géographiquement perdue

Depuis quelques jours, un feuilleton fait les choux gras du pure player régional Mag Centre.

La droite va-t-elle réussir à s’allier afin d’être une armée bien ordonnée, le petit doigt sur la couture du pantalon ? En ces temps peu enclins à un succès des gauches et des écologistes, n’importe quel stratège conseillerait à l’UMP, à Les Républicains et l’UDI un accord en bonne et due forme.

Mais la vie n’est pas si simple, et dès qu’une opportunité de gain montre le bout de son nez, cela a tendance à exciter les volontés.

Ainsi, Guillaume Peltier (UMP, Les Républicains), supporté par Nicolas Sarkozy (c’est pas rien, tout de même), aimerait prendre la tête de la région, mais Philippe Vigier (UDI) ne l’entend pas de cette oreille, alors qu’en coulisse se préparent les MODEM pour une alliance avec l’UDI, mais espérant que Peltier ne soit pas en tête, d’ailleurs Peltier pourrait être inspiré par son mentor, qui pencherait plutôt pour une crevaison de bègue, ce qui pourrait déplaire à Marc Fesneau (Modem) qui… Ok, j’arrête la phrase, je sens que le lecteur s’y perd. Je résume : pour la tête de liste à droite, ça bataille pas mal, et, selon Novelli en coulisse, “ce ne sont pas des tendres”. Ce qui, de la part de ce dernier, serait plutôt un compliment.

Mais si nous n’avions que des batailles de personnes, qui évidemment se reposeraient sur des projets un tant soit peu différents, nous ne pourrions que nous réjouir pour la démocratie. Mais tel n’est pas le cas.

Nous passerons sur les projets, vu que, pour le moment, ce qui sort du lot serait une resucée sortie d’un vieux carton entreposé dans un château vendéen : Peltier envisage de faire un Puy du Fou itinérant. Si jeune, et si peu créatif… Au moins, cela a permis à François Bonneau, actuel Président de la région, de se questionner sur l’existence du « Puy du fou ou du fou du Puy ».

Mais comme le relève Mag Centre, le dernier communiqué de l’équipe de campagne de Guillaume Peltier, insiste sur des points plutôt douteux :

Au niveau régional, aucune union ne peut être envisagée sans une clarification du rôle du Modem et sans la reconnaissance de la primauté des Républicains dans une proportion respectueuse de la réalité électorale : tous les résultats des élections municipales, européennes comme départementales mais aussi le poids de nos 22 parlementaires, de nos centaines de maires et de nos 15 000 adhérents donnent une répartition de 75% pour les Républicains et de 25% pour nos partenaires centristes.

Hégémonisme…

Au niveau national, aucune union ne peut être envisagée dans notre région tant que Chantal Jouanno maintient sa candidature face à Valérie Pécresse en Ile-de-France. Il faut aussi que l’UDI valide sa participation à la primaire présidentielle : l’union doit être nationale, cohérente et globale.

Voilà donc la réalité des choses : tout se décidera après que l’île de France ait bougé au moins un petit doigt. La région Centre – Val de Loire est donc, une fois de plus, une filiale de l’île de France, une variable d’ajustement, un trou à combler.

L’agriculteur bio du Berry comme celui de Beauce, le chômeur du Gâtinais, l’entrepreneur Tourangeau, ou encore le commerçant de l’Orléanais vont apprécier : leurs vies futures, leurs projets, leurs soucis quotidiens ne pèsent rien, face à l’implacable désir des ténors de la droite régionale. Voilà une bien belle construction qui s’annonce pour notre future région.

Laisser un commentaire