Devant la multiplication des listes aux Européennes, doit-on se faire plaisir ?

Cela n’aura échappé à personne, la multiplication des listes aux Européennes s’est faite sienne dans chaque eurorégion française (source en cliquant sur ce lien) :

  • Nord-Ouest : 22 listes
  • Ouest : 25 listes
  • Est : 23 listes
  • Sud-Ouest : 25 listes
  • Sud-Est : 23 listes
  • Massif-Central Centre : 25 listes
  • Ile-de-France et Français hors de France : 31 listes
  • Outre-Mer : 19 listes

Au delà du respect que chacun doit avoir en démocratie de la représentativité des opinions, on est vraiment en droit de se questionner de la pertinence de certaines, ou, pour d’autres listes, de se demander si nous n’allons pas diluer notre vote dans l’océan des revendications uniques, que l’on peut retrouver dans d’autres partis en lice.

Beaucoup de rouge pour rien

Passons sur le fait que l’extrême-gauche, une nouvelle fois n’arrive pas à s’entendre en présentant une liste Lutte Ouvrière et une autre NPA. Mais que devons-nous penser de cette liste « Communiste » qui viendra faire se perdre des voix au Front de Gauche ? Cette scission, si c’en est une, a sûrement une explication, mais celle-ci est absente dans les esprits des citoyens.

L’écologie n’est plus « à la mode »

C’est ce que beaucoup pensent… Mais il est à noter la présence de l’éternel Alliance écologiste indépendante qui, une fois de plus, jouera sur l’ambiguïté des listes, collant assez près à Europe Ecologie – Les Verts, afin de récolter des voix.

Le respect des régions

R & PS, Euskadi, Occitanie, UDB, etc., de nombreux partis régionalistes seront représentés. Europe Ecologie, dans le précédent scrutin européen, était même allié avec certains d’entre eux.  Mais, après de longues discussions, un accord ne put être trouvé pour diverses raisons, dont une importante : l’alliance de certains de ces partis au niveau européen avec des régionalistes/nationalistes flirtant très souvent avec des discours d’extrême-droite contraires à nos principes.

Fédéraliste, régionaliste, Europe Ecologie a un profond respect pour ces questions d’identités culturelles et historiques régionales. D’ailleurs, pour la région Massif Central- Centre, Europe Ecologie sera alliée au Partit Occitan.

Des programmes très proches, trop proches

A gauche, au centre comme à (l’extrême) droite, la multiplication des listes prend des atours frisant l’opportunisme : comptez, par exemple, le nombre de listes souverainistes, moralistes et/ou réactionnaires. Cela fera perdre des voix au Front National, pourtant très proche de Force Vie, pour ne prendre que cet exemple, l’obscur groupuscule de Mme Boutin. Ce n’est pas là, d’un point de vue cyniquement stratégique, que je vais me plaindre le plus, j’avoue.

Mais au regard du féminisme, de l’esperanto ou encore d’une nouvelle vision économique, Europe Ecologie n’a absolument pas à rougir : des commissions sur ces thèmes dédiés sont le coeur de la réflexion politique des écologistes.

Mais pourquoi cette multiplication ?

Certains partis ont vocation à ne se présenter qu’à ce scrutin, ce qui est le cas pour Europe Démocratie Espéranto, Europe citoyenne ou le Parti européen.

Le mode de scrutin, la proportionnelle, encourage, de par sa méthode électorale de respect de la représentativité des minorités, les partis dit « petits » à se présenter. Il est également à noter qu’il est très simple de se présenter : depuis une loi de 2003, il n’y a plus à verser de caution, et le nombre de candidats à trouver n’est pas insurmontable : ainsi dans mon eurorégion, une liste de dix noms suffit.

Cependant, nous ne pouvons généraliser ce que je vais affirmer dans les lignes qui suivent, car les représentants de beaucoup de ces partis ont une réelle sincérité politique.

Mais le citoyen doit savoir que, contrairement à des scrutins nationaux où le remboursement de la campagne électorale s’effectue dès qu’un score de 5% est atteint, les Européennes permettent un remboursement à partir de 3%. Le plafond maximal d’une campagne, pour obtenir un reversement, est de 1 265 000€.

Il est donc aisé d’obtenir une certaine (insistons sur « certaine », vu le service minimum du service public) notoriété médiatique à peu de frais.

Doit-on appeler au vote utile ?

Le faire est signe d’un non respect du pluralisme des idées dans nos démocraties. Cela entendrait le non-sérieux des listes qui n’auraient pas reçu le label « vote utile ». Et qui définit ce vote utile ? Pour un basque, son vote pour un parti régionaliste, sera d’une utilité plus qu’évidente !

On doit juste informer, expliquer et attirer l’attention des citoyens : c’est un vote, c’est sérieux. Vous avez des revendications, des attentes. Si vous vous voulez les voir être défendues au Parlement Européen, envoyez-y sûrement un/e député/e qui y travaillera.

Fédéralistes, régionalistes, féministes, vous qui désirez une politique économique différente, une plus grande place à l’humain, à vos valeurs, à la protection de votre environnement, êtes-vous sûr que dans le programme d’Europe Ecologie, vous ne vous y retrouvez pas ?

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