La crise au PS ne doit pas être importée chez les écolos

EELV a-t-elle vocation à accueillir toute la misère du PS ?

Il n’est pas crédible que ce soit dans un réflexe altermondialiste que ce tweet soit parti du compte des député-es écologistes :

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Nous avons tout d’abord un problème d’utilisation d’un compte Twitter commun, emmenant vers un article sur un site collectif, à l’initiative de deux personnes, mais nous laisserons là les député-es s’arranger entre eux car il m’étonnerait fort que l’avis soit consensuel au sein du groupe écologiste.

Il est un point sur lequel cette déclaration dit vrai : c’est qu’il y a bien une crise de gouvernance à l’heure actuelle. Mais l’analyse est partielle, ou partialle, cette crise est sur le PS pas au sein de toute la majorité : l’affaire Filoche, les déclarations outrancières de Valls, les mises en demeure de Hamon, l’hémorragie des adhésions dans le Parti socialiste, les exemples foisonnent.

La crise est pourtant chronologiquement connue : un candidat s’engage dans 60 propositions, il gagne l’élection, fait le contraire de ce qu’il a promis et la zizanie grossit mois après mois.

L’article sur le site des Député-es écologistes déclare :

Nous avons été élus sur un projet dont de nombreux engagements ont été tenus depuis deux ans et demi. D’autres se heurtent au mur des contraintes financières héritées du mandat Sarkozy-Fillon mais aussi à la réalité d’une conjoncture internationale dégradée et à une politique européenne trop faible et égoïste. D’autres propositions semblent par ailleurs s’être perdues en route.

C’est amusant, j’aurais personnellement écrit dans un autre sens : je ne comptabilise pas le Mariage pour tous comme une réalisation aboutie (où sont les promesses sur la PMA ?), le détricotage de la loi ALUR montre la volonté agressive du Premier Ministre à notre encontre, et je ne parle pas du vote des étrangers où j’ai toujours le sentiment d’avoir menti à des familles quand j’ai fait du porte à porte à Orléans La Source, j’en ai honte, très honte.

Les écologistes ne sont pas une filiale du PS : cette crise doit être résolue par le Président. Car la dérive des institutions de la Vème montre que le parlement ne peut appliquer que ce que désire le Président sauf en cas de courage ultime, généré par une déshérence de la gouvernance, ce courage que nous vivons dans les rangs du PS. Pour nous c’est plus simple, nous constatons que le contrat de 2012 n’est pas respecté, nous alertons, mais nous n’avons pas à nous immiscer dans les affaires internes d’un autre parti.

Si cette “convention parlementaire” avait lieu, le séisme qui en sortirait ne ferait qu’enfoncer plus la tête sous l’eau aux protagonistes. Chacun camperait sur ses positions, Vive la gauche parce qu’il réclame 2012, le Premier Ministre parce qu’il est entêté. Nous pourrions avoir une recomposition parlementaire, faut-il rappeler qu’à 2 voix près, le vote du budget eut reçu un camouflet mémorable ?

Pour ce qui est de l’orientation politique d’EELV, ce ne sont pas aux Présidents du groupe parlementaire de la décider mais au Conseil fédéral, par une telle action, la crispation vers une demande de sortie de la majorité est plus que probable.

L’importation de la crise du PS vers EELV sera suicidaire, et ses auteurs en seront comptables.

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