Bâcler une élection, c’est insulter les peuples

J’écris ces mots après le scrutin des européennes afin de respecter la loi électorale française.

Depuis quelques jours, nous recevons, nous responsables de partis, et je pense toutes tendances confondues, des emails se plaignant de ci de là d’envois incomplets des professions de foi et bulletins dans les boites aux lettres des citoyens. Il a même été signalé que dans le Pithiverais, tout le monde semblait avoir reçu des envois pour l’euro-circonscription du Sud-Est.

Après l’épisode quasi comique des panneaux électoraux, où les diverses communes ont souvent su répondre de la manière la plus bricolo mais la plus intelligente qui soit, il est triste de constater qu’on puisse brader ainsi la parole même des citoyens : le vote.

Ce jour de vote, dans un communiqué de presse, le Front National constate des manques de bulletins dans certains bureaux de vote. Au delà de leur paranoïa complotiste, je m’inquiètai personnellement du possible manque d’autres bulletins de vote, dont ceux de mon parti EELV. Finalement, j’eus confirmation de ce cas dans trois communes du Loir-Et-Cher.

Certaines de ces anomalies sont d’ailleurs montrées dans un article de La République du Centre.

Je ne peux alors que me rappeler de Monsieur Copé, lors du débat de « Des Paroles et des Actes » sur France 2, qui se félicitait des politiques de son ancienne majorité qui avait engagé la diminution de « dépenses inutiles » comme la baisse du nombre de fonctionnaires, comme si les fonctionnaires étaient des dépenses inutiles.

Les services de l’Etat sont chargés du bon déroulé des campagnes officielles et des scrutins. Réductions de budget, optimisation, privatisation, le cocktail détonant frappe partout.

Politiquement, la leçon à en tirer en période de crise budgétaire c’est qu’il faut peut-être réduire des dépenses mais en acceptant de faire des choix de société et pas en rognant sur tout et en désorganisant tout ce qui fonctionne.

Ces maladresses peuvent entraîner un possible recours, qui peut mener à l’invalidation du scrutin : les économies envisagées seront annihilées par l’organisation d’un nouveau vote, et un potentiel nouveau vote après avoir connu des résultats, en France comme dans le reste de l’Europe.

Tout ceci est très dommageable pour le respect des peuples : c’est un peu de démocratie qui s’envole en fumée.

Bien sur, l’issue du scrutin n’en aurait pas été fondamentalement changé, et, après coup, il est amusant de constater que la paranoïa du FN s’est tue, mais nous nous réservons tout de même de possibles recours.

Laisser un commentaire