Au FN la parité, on en a rien à carrer

Un des symboles représentant l'égalité des sexes.

Selon Wikipedia :

L’égalité des sexes se réfère à l’idée que les hommes et les femmes devraient recevoir un traitement égal, et ne devraient pas être victimes de discriminations basées sur leur appartenance à l’un ou l’autre sexe, hormis les cas où une différence de traitement serait justifiée par une différence biologique valable. L’égalité des sexes est l’objectif de la Déclaration universelle des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies.

Ainsi, en 1999, on a intégré à la constitution le principe de parité, qui permettait une loi sur l’égal accès aux fonctions politiques. Cette loi du 6 juin 2000 sur la parité prévoit une parité totale pour les scrutins de liste (par tranche de six pour les élections municipales) et des sanctions financières aux élections législatives si le nombre de candidats d’un sexe dépasse de 2 % celui de l’autre. Ces pénalités sur la dotation publique aux partis équivalent, en pourcentage, à la moitié de l’écart constaté.

Cette loi avait été votée afin de permettre une meilleure représentativité de la majorité des français : les françaises; et surtout un respect de chacune et chacun, en finir avec la primauté masculine héritée de temps féodaux plus que révolus. Notre pays a eu un grand retard sur ce point si on se rappelle que son accession au titre de démocratie ne peut se dater qu’au 21 avril 1944 1.

Evidemment, les habitudes étant difficiles à perdre (ironie), la première élection mettant cette loi en application fut l’objet de dérapages sur son application 2 et, même depuis, l’UMP est coutumière de se voir astreinte à des pénalités 3 pour le non respect de celle-ci.

Le scrutin de liste est le meilleur allié de la parité et de la proportionnelle : les municipales, régionales et européennes devraient pouvoir le montrer. Et c’est d’ailleurs pour cela, entre autres, que les écologistes défendent cette méthode électorale.

J’emploie le conditionnel (devrait) car une faille existe pour mettre à mal ce principe d’égalité. En cas de démission, décès, défection, d’un/e élu/e, c’est la/le suivant/e de liste qui sera élu/e. En résumé : une femme démissionne, un homme la remplace.

Dans les instances d’Europe Ecologie – Les Verts, ce n’est pas possible, la/le remplaçant/e devra être de même genre : on défend la parité ou on fait semblant, nous on a choisi.

Ainsi, après le résultat des dernières européennes, Joëlle Bergeron, élue sur la circonscription Ouest en deuxième position de la liste ce parti, cède sa place à Gilles Pennelle, troisième sur la liste… Sur ordre de Marine Le Pen 4.

En eurorégion Massif central – Centre, ce n’est pas mieux : dès le soir du résultat du scrutin, on apprenait que Jeanne Pothain se désisterait pour raison de santé. A la date où cela a été annoncé, il est fort possible qu’on aurait pu y penser avant et on peut considérer que Mme Pothain n’était qu’une candidate de remplissage. Une méthode à laquelle le FN nous a habitué avec des candidat/ess forcé/es lors des dernières municipales.

La défense du FN ne se fera alors pas attendre !

Oui mais, c’est une femme qui dirige le FN ! Oui, certes, une héritière, mais entourée de combien d’hommes ? Et, nous l’avons vu plus haut, elle organise elle-même ce non respect de la parité en intimant des ordres de démission.

Oui mais, le FN est le parti qui envoie le plus de femmes à l’Europe. Oui, certes, c’est celui qui a gagné, donc c’est normal. Mais envoyer moins de 45% de femmes au Parlement européen, ce n’est pas glorieux.

Oui mais, c’est anecdotique : nous n’avons que deux défections de femmes sur les 24 élu/es du FN. Non, ce n’est pas anecdotique. Ce parti d’extrême droite est coutumier du fait, la région Centre en est le témoin. La liste emmenée par M. Philippe Loiseau était bien paritaire comme le demande la loi, mais au final une inexplicable extinction des femmes au sein des élu/es FN fait qu’il n’en reste aucune. Le rang du Front national au Conseil régional de la Région Centre est exclusivement masculin :

M. SOGNI Alain Cher (18) FN
M. LOISEAU Philippe Eure-et-Loir (28) FN
M. LECOQ Philippe Loiret (45) FN
M. GODEFROY Gilles Indre-et-Loire (37) FN
M. COLOMBIER Matthieu Indre (36) FN
M. CHAUVET Bernard Loiret (45) FN
M. CHASSIER Michel Loir-et-Cher (41) FN

(Source : Annuaire des conseillers régionaux par Groupes Politiques Constitués à la Région Centre)

Par ce non-respect, le FN montre non seulement un irrespect complet de la loi, mais également un superbe mensonge par omission envers ses électeurs. Ceci démontre que ce parti est ultra-conservateur malgré ses déclarations essayant de prouver le contraire. C’est un parti bourgeois, petit bourgeois, qui se fait passer pour un parti des travailleurs. Mais à gratter le vernis, on découvre, en dessous, le bois pourri.

 

1. Le 21 avril 1944, le droit de vote est accordé aux femmes en France par le Comité français de la Libération nationale, confirmé par l’ordonnance du 5 octobre sous le Gouvernement provisoire de la République française, mais il n'est utilisé que le 29 avril 1945 pour les élections municipales, puis en octobre pour les élections à l’Assemblée constituante (source Wikipedia).
2. Lors des élections législatives de 2002, l’UMP est l’organisation la moins paritaire (19,7% de femmes), ce qui lui vaut une diminution de 30,4% de sa dotation, soit 4,264 millions d’euros en 2004. Pour l’UDF, ses 19,9% de candidates lui valent une pénalité de 30% soit 667 075 euros. Le PS et le PRG (dont l’association de financement est commune) ont alors 34,6% de candidates et perdent donc 1,651 million d'euros (15,4%). Avec 43,8% de candidates, le PCF ne voit ses crédits amputés que de 124 139 euros, soit 6,4%.
3. Le non-respect de la parité coûte très cher à l'UMP
4. Elections européennes. À peine élue, Joëlle Bergeron (FN) démissionne

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