Alstom : tout est communication selon Pascal Canfin

Pascal Canfin, ancien eurodéputé EELV et ministre du Développement du Gouvernement Ayrault, revient sur les annonces d’Arnaud Montebourg concernant Alstom…

Alstom-General Electric : le vrai vainqueur Bouygues, le vrai perdant la communauté européenne de l’énergie

La machine à communiquer tourne à plein régime. La proposition du Gouvernement sur l’accord Alstom-General Electric serait un « retour de l’Etat » et une victoire du « patriotisme économique ». Qu’en est il vraiment ?

L’Etat va t il vraiment investir dans Alstom ? Non, il va simplement racheter les parts de Bouygues qui souhaitait se désengager du capital de l’industriel. Il n’y a donc aucun euro supplémentaire permettant à Alstom d’investir, d’innover, de créer des emplois. En revanche il y a bien 1,7 milliards dans les caisses de Bouygues. Et 1, 7 milliards à trouver pour l’Etat, qui pourrait du coup vendre une partie de sa participation dans EDF. Ce qui renforcera la tendance déjà très présente d’EDF à prendre ses décisions non pas en fonction de l’intérêt général de long terme mais de l’évolution de son cours de bourse à court et moyen terme.

Est-ce une victoire du « patriotisme économique » ? Nous nous retrouvons aujourd’hui dans la situation d’une alliance germano-japonaise (Siemens-Mitsubishi) d’un côté et américano-française de l’autre. S’il y a bien une certitude c’est que la communauté européenne de l’énergie a pris aujourd’hui un coup qui pourrait s’avérer mortel ! Or, si l’on se projette dans les années et décennies qui viennent, pour faire face de manière autonome sur le plan géopolitique aux grands enjeux énergétiques notre avenir passe par la construction de champions européens, comme nous l’avons fait par ailleurs dans l’aéronautique. L’accord d’aujourd’hui n’est donc en rien patriote puisqu’il signe sans doute la mort de l’un des rares projets qui auraient pu renforcer notre poids stratégique dans le monde.

Enfin, Arnaud Montebourg explique aujourd’hui que les règles de la concurrence européenne auraient empêché l’alliance avec Siemens. Cela ressemble plus à un alibi qu’à un véritable argument. D’une part, il est quand même très peu probable que personne chez Siemens n’ait pensé à cet argument dès le début du dossier ! Ce qui ne les a pas empêché de déposer une offre sérieuse. Et d’autre part, les mêmes règles de la concurrence pourraient être contournées par l’entrée de l’Etat au capital d’Astom ce qui n’empêche pas Arnaud Montebourg de s’engager dans cette voie.

Au final l’accord sur Alstom fait un vrai gagnant, Bouygues, et un vrai perdant : notre capacité à gérer notre avenir en européen.

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