Abrogation : le mot de trop du candidat militant Sarkozy

Le groupuscule Sens Commun, association affiliée au mouvement de la Manif pour tous, véritable trait d’union entre l’extrême droite et l’UMP, organisait ce samedi 15 novembre à Paris un meeting où avaient été invités les trois candidats à la présidence de l’UMP : Hervé Mariton, Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy.

Evidemment, Hervé Mariton a bien chauffé la salle avec son idée obsessionnelle de retour sur le droit au mariage pour toutes et tous les citoyen-nes, en d’autres termes, sur sa volonté d’abroger une parcelle d’égalité.

Mais la suite fut plus étonnante. Le candidat Sarkozy, jusqu’ici naviguant de flous artistiques en inexactitudes infondées, s’est lâché comme dans une rengaine d’Edith Piaf : emporté par la foule.

A contrario, Bruno Le Maire n’a rien lâché, quitte à se faire huer par la salle. Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder ce reportage d’Itélé :

A l’heure où 68% des Français, dont 58% des militants UMP, Sarkozy a démontré en quelques mots qu’il ne cherchait pas à convaincre par la conviction, mais plutôt par la flatterie : que désirez-vous entendre ? Je vais vous le dire. La petite phrase lâchée en fin de séquence lui sera fatale : “Si ça vous fait plaisir, ça ne coûte pas très cher”.

La faute de Sarkozy, au delà de ses mensonges devenus chroniques, sera jugée aussi par les militants UMP. Il y a un héritage de la droite napoléoniste en France, une droite qui veut son chef, son guide : et là le chef, le fort face à une salle, ce ne fut pas Sarkozy, mais Bruno Le Maire qui pourra surfer sur la vague “j’ai des convictions et je n’ai pas peur de les défendre”. Le Maire : one point.

Et puis il est un dernier point que je n’arrive à m’expliquer. Nous parlons bien de l’élection du responsable d’un parti malade, à l’organisation déstabilisée par les affaires, aux instances qui fonctionnent mal (COCOE et compagnie) ? Pourquoi les candidats font fi de tout cela pour ne finalement que parler de politique politicienne politicarde ? Ne cacheraient-ils pas quelque chose d’autre derrière cette pantalonnade ?

 

 

 

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